Une « enquête préliminaire » contre Gbagbo et ses proches

Le gouvernement ivoirien a annoncé mardi qu’une enquête préliminaire serait ouverte contre le président déchu Laurent Gbagbo et son entourage pour «crimes et délits ». Aucune information n’a été donnée sur les institutions qui la conduiraient.

Laurent Gbagbo va répondre de ses actes. Le gouvernement ivoirien a annoncé mardi sur la télévision d’Etat TCI l’ouverture d’une « enquête préliminaire » visant l’ex-dirigeant et ses proches. Dans son compte-rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Patrick Achi a déclaré que « les personnes capturées depuis le 11 avril (…), l’ancien chef d’ État, son épouse et une soixantaine de personnes de son clan ont été assignées en résidence surveillée à Abidjan et dans d’autres villes». Le couple présidentiel a été arrêté par les forces pro-Ouattara le 11 avril avec plus d’une centaine de personnes. Près de 70 personnes, membres de la famille et personnels de la résidence présidentielle, ont été rapidement libérés. Laurent Gbagbo, lui, est actuellement en résidence surveillée à Korhogo. Sa femme, Simone, a été transférée du Golf hôtel vers Odienné (nord-ouest).

Patrick Achi a ajouté que «des procédures d’enquêtes préliminaires sont en cours pour les crimes et délits commis par Laurent Gbagbo et son clan». Le porte-parole n’a toutefois pas précisé qui serait en charge de l’enquête, à savoir des institutions nationales ou internationales.

Qui procèdera à l’enquête préliminaire ?

Le président Alassane Ouattara avais promis dès le 11 avril que les exactions commises par l’ancien chef d’ État et ses partisans feraient l’objet d’une enquête. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Louis Moreno-Ocampo, voulait ouvrir dans le même temps une enquête pour « massacres commis de façon systématique ou généralisée ». Human Rights Watch et la Croix-Rouge internationale ont salué l’initiative qui devait également viser les partisans de Ouattara accusés d’avoir commis des exactions notamment dans l’Ouest du pays. Le conflit post-électoral, qui a opposé le chef de l’Etat sortant Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara pendant plus de quatre mois, a fait près de 1 000 morts et plus d’un millions de déplacés en Côte d’Ivoire.