Une certaine vision du Coran

Le Coran, essai de traduction est la somme des 16 ans de travail de l’islamologue Jacques Berque. Sa réédition est l’occasion de découvrir la lecture que fait l’érudit du texte sacré. Une référence.

Seize ans de travail. Jacques Berque, l’un des plus grands islamologues du XXème siècle, a passé de longues années, assisté de son épouse Giulia, à  » relire le Coran  » (titre de l’un de ses livres, édité en 1993 chez Albin Michel). Une étude minutieuse, portée par l’atmosphère de la  » vieille maison où nous vécûmes ces années de travail, dans un terroir villageois du sud-ouest de la France, étape millénaire sur la route de Saint-Jacques de Compostelle « , explique l’auteur.

C’est ce  » dialogue prolongé avec un texte  » que propose de rééditer Albin Michel dans sa collection Spiritualités vivantes. Paru aux éditions Sindbad en 1990, le texte avait reçu les éloges des spécialistes et des docteurs musulmans du monde entier. Jacques Berque y a depuis révisé certains choix de traduction et ajouté quelques variantes. Cette nouvelle traduction fait donc la synthèse des différentes traditions érudites du monde musulman, avec l’humilité dont Jacques Berque ne s’est jamais départi.

Biographie pudique et voilée

L’auteur nous propose  » une certaine idée du Coran « .  » Ma lecture se voulait une confrontation directe avec cette parole antique et toujours nouvelle « , explique-t-il dans la préface. Résultat : Le Coran, essai de traduction est une analyse dynamique d’un objet qualifié par l’auteur de  » vivant « , rédigée dans un langage simple et suivie d’un essai explicatif de 100 pages.

Dans celui-ci, Jacques Berque expose son intérêt pour cette  » chronique haletante, encore qu’économe de faits et procédant par voie d’allusions et de symboles, qui restitue, pour qui sait entendre, ce qui se passe à l’époque dans cette marche de l’Orient classique, que vient à nouveau transfigurer la divine communication « . Et parle avec passion des sourates qui  » de façon indirecte, bouleversante par endroits « , égrènent  » les épreuves du Messager lui-même, ses moments de tristesse et ses élans d’homme pleinement humain « .  » Le Coran recèle à cet égard une biographie pudique et voilée « , précise-t-il.

Jacques Berque a donc réussi  » une entreprise où il est, selon tant de bons esprits, impossible de réussir  » : présenter les 114 sourates de manière claire et compréhensible, même pour les non-Musulmans.

Pour commander le livre : Le Coran, essai de traduction de Jacques Berque, éditions Albin Michel, collection Spiritualités vivantes.