Un pas de plus pour l’UNIFI

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Créer une université de la finance gratuite pour les exclus du système scolaire du 93 (département de Seine Saint-Denis, en banlieue parisienne), tel est le nouveau projet de Rodolphe Pedro, PDG de la société CFCI. Les 20 étudiants de la première promotion de l’Unifi Lyon, lancée en 2009, ont intégré des postes en entreprise. L’Unifi réitère et étend l’expérience pour donner de nouvelles chances aux décrocheurs.

C’est à l’issue d’une rencontre le mois dernier avec le préfet de l’égalité des chances, Claude Maurel, que Rodolphe Pedro a eu l’idée d’implanter Unifi dans le département du 93, où beaucoup de jeunes connaissent des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Un projet que Claude Maurel serait prêt à défendre. A l’origine de cette idée, un constat : «Vivre dans des quartiers défavorisés est très difficile. Notre jeunesse est notre avenir, on n’a pas le droit de l’abandonner. En France si vous n’avez pas le Bac, vous n’êtes rien. On peut réussir sans diplôme il y’a un très grand racisme social vis-à-vis des non diplômés», affirme le PDG de la CFCI pour qui l’ascenseur social est en panne.

Rendre les métiers de la finance accessible à tous

160 000 jeunes quittent le scolaire sans qualification. Les quartiers populaires regorgent de talents exceptionnels, mais souffrent de l’absence de formation adaptée. L’objectif de l’Unifi, proposer à ces potentiels brisés par leur parcours scolaire une solide formation et un emploi valorisant.

La formation est gratuite. Elle est financée en partie par AGOF PME, un organisme collecteur d’impôt, qui offre une aide financière aux étudiants d’Unifi entre 60 et 100% du SMIC. L’objectif est de démocratiser l’accès aux métiers de la finance «réservé à une élite en raison du coût excessif de la formation, 10 000 euros pour trois semaines de cours. Il n’y a que 5000 conseillers de gestion du patrimoine en France par rapport à l’Allemagne qui en compte 400 000 et l’Italie 200 000 », explique Rodolphe Pedro.

Préparer les jeunes à l’emploi

Les vingt étudiants de la première promotion ayant tous intégré une entreprise, l’université estime avoir relevé le défi : « Nous sommes en partenariat avec plusieurs entreprises d’assurance, de finance et de comptabilité. Notre but est de valoriser les jeunes en leur donnant la possibilité de trouver un emploi. Nous avons passé un accord avec AXA qui embauche en priorité 15% des étudiants issus de l’Unifi. Au terme de leur six mois de formation, les lauréats obtiennent une habilitation professionnelle de niveau 2, un diplôme reconnu par l’Etat. Ils sont assurés d’avoir un emploi dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de la comptabilité. Ils peuvent même créer leur propre entreprise », assure Rodolphe Pedro.

Le défi à relever par l’Unifi est de taille : permettre à 10 000 jeunes de trouver des emplois dans les prochaines années. Alors que Rodolphe Pedro doit encore définir la ville où il implantera l’Unifi dans le département du 93, une deuxième promotion va débuter vendredi 10 décembre sa formation à Lyon.

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