Un nouveau Wikileaks marocain ?

Depuis le mois d’octobre, un compte Twitter anonyme, @chris_coleman24, diffuse des documents compromettants pour la monarchie marocaine. L’institution est accusée de malversations visant à obtenir le soutien de diplomates et de journalistes étrangers sur la position gouvernementale marocaine concernant la question du Sahara Occidental. La véracité de certains documents a néanmoins été remise en cause.

Un « Marocleaks » agite le royaume depuis le mois d’octobre quand un mystérieux compte Twitter, dénommé @chris_coleman24, s’est mis à dévoiler des centaines de documents, datant parfois de plusieurs années, se rapportant à des ordres de virement et des correspondances confidentielles, internes au gouvernement, indique France 24. Des membres de la famille royale sont visés ainsi que plusieurs ministres, comme celui des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, qui est accusé de trafic d’influence.

Des diplomates, des sociétés privées, les services de renseignements marocains de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) sont aussi mis en cause ainsi que des journalistes locaux et étrangers, notamment français, accusés d’avoir été corrompus pour défendre la position du pouvoir marocain sur le Sahara Occidental.

Silence des autorités

La véracité de certains de ces documents a été remise en cause par le journaliste Jean-Marc Manach, co-fondateur des Big Brother Awards. Il s’intéresse aux questions de libertés et de vie privée. Il a publié une enquête sur le site arretsurimage.net dans laquelle il indique que « l’analyse des centaines de documents mis en ligne par ce mystérieux corbeau, (…) révèle que cette opération, selon les meilleures règles du genre, mêle savamment documents authentiques et documents manipulés ».

La ministre déléguée aux Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, a accusé des « éléments pro-Polisario », du nom de l’organisation sahraoui qui milite pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole depuis 1975, d’être derrière la publication de ces informations. Ce membre du gouvernement a mis en cause l’Algérie qui aurait apporté son soutien à cette entreprise. Cette personnalité est la seule voix officielle ayant réagi sur l’affaire. Le silence des autorités est tout de même pointé du doigt, surtout qu’il s’agit d’une question très sérieuse.