Un Marseillais au pays des djembés

La plume est enthousiaste, le style agréable à lire et l’idée excellente. Hamid Gribi, jeune Marseillais d’origine algérienne, a passé douze semaines à Conakry pour parfaire sa pratique du djembé. Et il a décidé de raconter son aventure dans un livre, « Voyage(s) en Guinée », agrémenté d’un CD de percussions.

« La musique, c’est facile ; la musique, c’est très difficile. » C’est ce qu’Hamid Gribi, jeune marseillais joueur de djembé, a découvert lors de son voyage musical et initiatique en Guinée, fin 1999-début 2000. Et c’est ce qu’il raconte dans Voyage(s) en Guinée, récit plein de fraîcheur et d’enthousiasme, agrémenté de photos et d’un CD de percussions. Hamid découvre l’Afrique noire en descendant de l’avion à Conakry. Il est d’abord saisi par la chaleur du climat, puis charmé par celle des Guinéens qui vont l’accueillir comme un enfant du pays. Très vite, il devient « Araboufoté », « l’Arabe blanc ». Lui qui ne connaît du continent que l’Algérie, il devient un Guinéen de cœur et d’esprit. « Je suis loin de la France, de l’Europe, de l’Algérie. La Guinée est devenue mon pays. Francophone et musulman, je m’y sens à l’aise et ce sentiment s’est installé naturellement et profondément en moi », écrit-il.

Hamid est venu dans ce pays, foyer d’une culture musicale traditionnelle intense, pour jouer du djembé avec « Ceux-qui-savent ». Les grands maîtres. Hamid passe douze semaines dans « l’Ecole de la Musique » de Koungbanan Condé, musicien très célèbre en Guinée, directeur artistique de l’ensemble national « Percussions de Guinée » et maître des doumdoums reconnu dans le monde entier. Hamid savoure ses paroles : « La musique est un combat entre toi et elle, il faut toujours la dominer, comme le combat entre la main et la peau du djembé ».

La musique est en lui

Dans la cour arborée qui sert de salle de cours, Hamid croise certaines figures des percussions guinéennes, comme Mamady Keïta, grand djembéfola qui vit en Belgique aujourd’hui. Le jeune homme habite chez Sékouba Camara, le directeur artistique de l’Ensemble symphonique traditionnel de Guinée et du Ballet de Matam. « Tonton Sékouba est aussi un grand danseur et un excellent chorégraphe. Pour moi, c’est surtout un père spirituel », explique Hamid.

Entre les cours, dont il ressort les mains meurtries et le corps en nage, et l’apprentissage de la vie quotidienne au sein d’une famille guinéenne, Hamid sent que ce séjour révèle en lui certaines choses et s’apprête à marquer sa personnalité pour longtemps. « Ce que j’ai appris en Guinée est inscrit en moi », affirme-t-il. Dans une démarche pédagogique intéressante, Hamid fait suivre son récit de voyage d’une partie plus technique où il explicite les différentes percussions. « Maintenant que j’ai quitté la Guinée, un nouveau voyage a commencé. C’est dorénavant avec la musique, et en elle, que je chemine. Comme j’ai fait un récit de voyage, je voudrais faire un récit de musique. (…) Il n’y a ici ni méthode, ni explication de la musique traditionnelle guinéenne. Juste le récit d’une expérience. D’un voyage, les yeux et les oreilles ouverts. Et, plus que tout, d’une envie de la partager. La magie est dans ces gens et cette musique qui ont bouleversé ma vie. (…) Apprendre la musique avec un maître africain, c’est en même temps apprendre la vie car cette musique n’est que l’écho de cette vie… »

Voyage(s) en Guinée, Hamid Gribi, éditions Takla Makane.

Pour joindre Hamid Gribi :

Association Perkam

93, La Canebière 13001 Marseille Boîte 184