Un incendie à la télévision nationale crée la panique à Abidjan

Le bâtiment technique de la maison de la radio télédiffusion ivoirienne (RTI) a été ravagé lundi soir, par un incendie pendant la présentation du journal de 20 heures.

Notre correspondante à Abidjan

Les sapeurs-pompiers arrivés au niveau du bâtiment technique de la maison de la radio télédiffusion ivoirienne (RTI) quelques temps après le déclenchement de l’incendie n’ont pu sauver la partie du bâtiment technique abritant les studios d’enregistrement, la régie et le nodal, parti en fumée. Sous la conduite du Commandant Adama Coulibaly, de la caserne du Groupement des Sapeurs-Pompiers Militaires (GSPM), les maîtres du feu ont pu tout de même maîtriser les flammes aux environ de 21 heures 45. Le Commandant a indiqué par la suite qu’il était trop tôt pour se prononcer sur l’origine et les circonstances de l’incendie. « Seule une enquête pourra nous situer sur les origines de l’incendie » a-t-il expliqué.

Outre ce volet, on dénombre d’autres dégâts matériels. La salle de décoration, logée dans le 1er étage de l’établissement, a été emporté dans les flammes hautes de plusieurs mètres. Au plan humain, « fort heureusement on n’a enregistré aucun dégât » explique le commandant des opérations. Une jeune femme a souffert cependant de la fumée suffocante ainsi qu’un vigile qui essayait de circonscrire les flammes épaisses, avant l’arrivée des pompiers a perdu connaissance.

Aux premières heures de ce malheureux incident qui a vu tout le bâtiment technique partir en fumée, les autorités ivoirienne se sont déployées en nombre sur le lieu du sinistre. Le ministre de la communication, le ministre du Plan et du développement, Antoine Bohoun Bouabré, le ministre de la Ville et de la Salubrité, et plusieurs autres personnalités étaient présentes. Le Général Mangou, le Chef d’Etat Major et un dispositif des FDS se sont déployés sur les lieux. En moins de 30 minutes, la maison de la télévision et ses environs se sont transformés en un vrai champs de bataille. Avec des chars, des armes lourdes montées sur des pick-up et une forte délégation des éléments des forces de défense et de sécurité (FDS) alertés pour quadriller le périmètre du sinistre.

Un incendie criminel ou accidentel?

Le directeur général de la RTI, Brou Amessan et son adjoint, Issa Sangaré Yeresso, ont expliqué aux personnalités les causes de l’incendie. Le sinistre, selon leur explication, s’est déclenché à 20heures, pendant que le journal télévisé de 20heures se déroulait. Prise de panique, la présentatrice, Habiba Dembélé a quitté précipitamment le studio B où elle présentait le journal, avant d’alerter les éléments du groupement des sapeurs pompiers militaires (GSPM).

Cet incident a créé la panique d’abord chez les téléspectateurs qui ont été privés pendant plusieurs heures de leur programme télé sur les deux chaînes de la télévision nationale (La 1ère et Tv2). Par ces temps de rumeurs de coup d’Etat, de nombreux commentaires estiment qu’il s’agit d’un acte criminel vu que la RTI est l’un des outils stratégiques du pouvoir. D’autres travailleurs de la RTI estiment par contre que tout cela serait dû à la vétusté des locaux qui, en effet, son installés depuis plusieurs années. Selon un autre agent de la RTI, cet incident serait le deuxième du genre. Il y a 7 ans, le même bâtiment avait été le nid d’un incendie qui avait été vite circonscrit. Cette fois encore, les dieux des flammes ont pu éviter le pire. Les émissions ont repris sur les antennes de la RTI, tard dans la nuit du lundi 11 au mardi 02 février avec un communiqué de la direction générale expliquant à la population les raisons de l’interruption momentanée de ses programmes.