Un général marocain « agressé moralement » à Paris, Rabat en colère

Le Maroc a exprimé son « vif mécontentement » après la présumée « agression morale » de l’un de ses généraux hospitalisé à Paris.

Un nouvel incident diplomatique semble se dessiner entre la France et son principal allié de la région nord-africaine. Le royaume du Maroc a exprimé son « vif mécontentement » suite à une « lâche agression morale », d’après Rabat, dont aurait été victime, mercredi, à Paris, un général marocain hospitalisé. L’auteur de cette « agression » serait Mustapha Adib, ex-capitaine dans l’armée marocaine emprisonné par le passé pour avoir dénoncé la corruption au sein de cette institution.

L’ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, a été convoqué par un haut responsable marocain pour pour lui « faire part du vif mécontentement du royaume à la suite de la lâche agression morale dont a été victime, la veille, le général de corps d’armée Abdelaziz Bennani, dans sa chambre de l’hôpital parisien du Val-de-Grâce », a rapporté l’agence officielle MAP.

Le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, a dénoncé, à travers un communiqué, un « acte de provocation ». Le général Bennani et sa famille ont été « outrageusement provoqués et agressés moralement dans l’enceinte de l’hôpital », a-t-il dit.

La France et Adib réagissent

Les autorités françaises ont exprimé leur « sincère émotion par rapport à ce qui s’est produit, et annoncé l’ouverture d’une enquête par le ministère de la Défense ».

De son côté, Mustapha Adib affirme avoir voulu rendre visite au général Bennani, mais « elle n’a pas été autorisée et j’ai remis des fleurs et un mot », a-t-il avancé.

Ce nouvel incident intervient en pleine crise diplomatique entre Rabat et Paris, depuis que le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, a reçu, lors de son dernier séjour en France, le 20 février dernier, la visite de policiers français à la résidence de l’ambassadeur marocain à Paris, afin de lui notifier une convocation devant un juge. Elle faisait suite à un dépôt de plaintes en France pour « torture » et « complicité de torture » visant ce responsable de la DGST au Maroc.

Furieux, Mohammed VI s’était entretenu au téléphone avec son homologue François Hollande au même moment où les autorités marocaines annonçaient la suspension des accords judiciaires qui lient le royaume à l’hexagone. Et « l’acte inadmissible » de mercredi « risque de compliquer davantage le processus de normalisation des relations bilatérales », a estimé l’agence MAP.