Un général congolais demande la démission du président Sassou

L’ancien chef des services spéciaux congolais, Emmanuel Ngouélondélé, a demandé mercredi à Paris, la démission du président congolais Denis Sassou N’Guesso, l’accusant d’avoir conduit son pays dans « une impasse socio-économique et politique ».

« Toutes les conditions objectives et subjectives d’une implosion sociale sont aujourd’hui réunies au Congo. Face à cette catastrophe imminente, j’estime que le président Sassou doit remettre sa démission et organiser des élections anticipées », a-t-il déclaré à la PANA.

Le général Ngouélondélé, qui est venu à Paris rencontrer la
diaspora congolaise, s’est défendu de toute ambition personnelle, justifiant son appel par son « seul souci d’éviter que le Congo ne connaisse un bain de sang inutile ».

« J’ai servi le président Sassou pendant 12 ans à la tête des services spéciaux. Nous avons des liens familiaux tissés du fait des mariages entre nos enfants. J’aurais pu me taire et continuer à vivre paisiblement de ma retraite d’officier général. Mais le péril qui menace aujourd’hui le Congo m’oblige à m’affranchir de mon devoir de réserve », a assuré l’ancien maître-espion congolais.

Il a dressé un réquisitoire implacable contre la gestion des affaires publiques au Congo, citant la « déliquescence » des services de santé, le manque d’eau et d’électricité ainsi que l’affairisme et la corruption dans l’appareil d’Etat.

« Le Centre hospitalo-universitaire de Brazzaville est devenu un mouroir malgré ses professeurs agrégés de médecine. Alors qu’ils ont à leurs pieds le fleuve Congo, deuxième fleuve au monde, les Brazzavillois manquent d’eau potable et d’électricité. Le mécontentement est aujourd’hui à son comble. Il faut agir pour prévenir le pire », a estimé le général Ngouélondélé.

Soulignant que la hausse du baril du pétrole a rapporté
d’importantes devises au trésor congolais, l’ancien chef des services spéciaux du Congo a affirmé que son pays « a été financièrement dépouillé et socialement ruiné ».

« Près de 800 milliards de surplus de recettes pétrolières sont attendus cette année après la hausse du prix du baril sur le marché international. Pourtant, les Congolais n’ont jamais été aussi pauvres, jamais aussi mal soignés, jamais aussi mal pris en charge à l’école. J’en appelle à la sagesse du président Sassou pour qu’il mette fin à cette dérive en remettant dignement sa démission au peuple congolais », a encore dit Emmanuel Ngouélondélé.

L’appel de l’ancien chef des services spéciaux à la démission du président Denis Sassou N’Guesso a été accueilli avec scepticisme dans la diaspora congolaise en France où on souligne qu’il fut, pendant 12 ans, (1979-1991) un de ses plus proches collaborateurs.