Un Fonds d’investissement dans l’agro-industrie en Afrique

Un nouveau fonds d’investissement, Agri Vie, d’un montant de 100 millions de dollars américains, a été mis en place en Afrique du Sud pour financer les activités du secteur agro- alimentaire en Afrique sub-saharienne.

Initiative conjointe d’un des plus grand groupe d’investissement en Afrique du Sud, Sanlam Private Equity et du groupe d’investissement SPAKtif, ce Fonds cible des investisseurs potentiels qui souhaitent explorer de nouveaux marchés à forte valeur ajoutée, notamment dans le domaine de l’agro-industrie et subsidiairement dans l’industrie agricole.

Une première contribution au Fonds, d’un montant de 40 millions de dollars américains, a été versée par des investissements initiaux provenant des secteurs de l’assurance, des finances ainsi que de la fondation américaine WK Kellogg.

Le fonds est ouvert à d’autres investisseurs jusqu’en mai 2009, indique le communiqué de presse.

« Nous n’allons pas investir dans les exploitations agricoles, mais plutôt dans la transformation et la commercialisation de produits agricoles, comme les produits alimentaires, les boissons et certains produits de fibres», a précisé le Président directeur général de Sanlam Private Equity, Pieter Kriel.

Selon lui, travailler dans la perspective d’accroissement de l’industrie permet de créer de nouvelles opportunités de croissance pour les anciens et nouveaux agriculteurs d’autant que Agri-Vie a également pour mandat d’investir dans l’écotourisme dans un contexte de développement rural intégré.

« En moyenne, l’augmentation du Produit intérieur brut en Afrique subsaharienne se situe entre six et sept pour cent au cours des trois dernières années, tandis que et le nombre des démocraties est passé, depuis 1999, de quatre à 25 pays qui offrent des possibilités exceptionnelles pour les investisseurs», a affirmé M. Kriel.

Il a estimé que l’agro-alimentaire est le pilier de l’économie privée dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne.

De son côté, le directeur d’Agri-Vie, Mohammad Karaan, un agroéconomiste récemment nommé doyen de l’université de Stellenbosch, pense que Agri Vie pourra faire la différence en mettant l’accent sur une gestion compétente et une politique financière efficace.

« Le secteur de l’agriculture étant l’activité économique la plus importante des pays africains, il est donc naturel de stimuler la croissance socio-économique avec des investissements dans ce domaine », a-t-il expliqué.

Au niveau international, se précise une demande croissante d’exportations africaines de légumes, fruits, fleurs bio et de fibres naturelles transformées pour une utilisation industrielle ainsi que des compléments alimentaires naturels et des produits de santé, rappelle-t-on.

Cependant, de nombreuses agro-entreprises africaines ne mettent pas à profit leurs potentialités dans le domaine, principalement en raison du manque d’accès aux capitaux, de la connaissance limitée du marché international, ainsi que de l’absence d’infrastructures.

Agri Vie vise à jouer le rôle de catalyseur pour libérer les potentialités des entreprises et investisseurs concernés, ainsi que d’apporter sa contribution à la responsabilisation des femmes dans le secteur.

« Les femmes sont loin derrière dans le secteur de l’agro-industrie en ce qui concerne leur participation en tant que propriétaires et gestionnaires », a déclaré Kate Moloto une des administratrices d’un groupe d’investissement agricole dirigé par des femmes, Makotulo Agricultural Company.

Cette compagnie est actionnaire dans la structure de gestion des investissements d’Agri Vie.