Un détenu Maroco-Allemand entame une grève de la faim

Mohamed Hajib, un Maroco-Allemand est détenu en prison au Maroc. Il a entamé une grève de la faim pour protester contre cette détention qu’un groupe de l’ONU qualifie d’arbitraire.

(De notre correspondante au Maroc)

Il ne compte pas moisir en prison, surtout que ce dont il est accusé est grave. Mohamed Hajib, puisque c’est de lui qu’il s’agit, conteste sa détention. Pour cela, le Maroco-Allemand a entamé une grève de la faim. Arrêté en 2009 à la frontière pakistano-afghane, il a été condamné à 10 ans de réclusion pour terrorisme, en 2010. Il serait aujourd’hui incarcéré à la prison de Tiflet, à 50 km à l’est de Rabat. Son cas inquiète sérieusement. « Les Nations-Unies ont demandé à l’État marocain de libérer Mohamed Hajib, jugeant son procès inéquitable. Mais rien n’a été fait », a déclaré à l’AFP Anas Hellawi, un membre du Comité conjoint de Défense des détenus islamistes qui ajoute : « En conséquence, Mohamed Hajib a débuté une grève de la faim ».

Selon une information publiée par AFP, Berlin avait entre-temps indiqué être en discussion avec Rabat au sujet d’accusations de mauvais traitement formulées par le prisonnier. L’ONG Amnesty International a, dans son dernier rapport annuel, souligné qu’un groupe de travail de l’ONU avait jugé en août 2012 sa détention arbitraire, faisant état d’aveux qui auraient été obtenus sous la torture pendant sa détention provisoire, en l’absence d’un avocat.
Dans ce document, l’ONG basée à Londres évoque d’autre part le sort d’Ali Aarrass, un Belgo-Marocain arrêté dans l’enclave espagnole de Melilla en 2008, sur la base d’accusations de trafic d’armes au profit d’un réseau islamiste, purge actuellement une peine de 12 ans de prison pour terrorisme. Il affirme lui aussi avoir signé des aveux sous la torture.
Ali Aarrass serait emprisonné à Salé, près de Rabat. Amnesty International informe qu’il a également observé une récente grève de la faim, interrompue début août, après une visite d’un représentant du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme institutionnel marocain, apprend-on de l’AFP.