Un cauchemar nommé Zongo

Dans deux semaines, le Burkina Faso célèbrera le troisième anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Trois ans que le climat politique burkinabé est empoisonné par cette affaire. Toutes les ouvertures démocratiques de Blaise Compaoré sont annihilées, réduites à l’échec, par l’assassinat. La Commission du pardon, instituée par Ouagadougou, tourne dans le vide. De son vivant, Norbert Zongo était le cauchemar des dirigeants burkinabé. Après sa mort, il continue de hanter la classe politique. Mieux, il est l’épicentre de la vie politique du Burkina.

L’impunité. En voyage d’affaires à Paris, le président burkinabé a vu son séjour pourri par cette affaire. Reporters sans frontières, relayée par d’autres associations, a voulu faire juger Blaise Compaoré à Paris. Toutes les commissions de vérité et de pardon, chaperonnées par les autorités de Ouaga, sont condamnées à l’échec. Les parents et les proches de Norbert Zongo refusent l’impunité. Le pardon s’accompagne de vérité. Et l’assassinat du journaliste n’a toujours pas été élucidé officiellement. Et, à fortiori, les assassins jugés. Or, la seule personne qui devait passer devant les tribunaux, un sous-fifre, est tombée subitement malade.
L’air devient irrespirable à Ouaga. Les amis de Norbert Zongo ne désarment pas. Le collectif de lutte contre l’impunité se fait rappeler au bon (mauvais) souvenir des autorités régulièrement. Pour le troisième anniversaire, ils organisent des meetings et des manifestations publiques sur tout le territoire burkinabé. Cette lutte contre l’oubli déclenche l’ire de Ouaga, accusée de protéger les véritables assassins. Le seul moyen d’arriver au pardon demeure la vérité. Toute la vérité. Et le procès qui l’accompagne.