Un bus de l’Internet au Bénin

Alain Capo-Chichi

Le Bus de l’Internet sillonne le Bénin, depuis avril dernier, pour vulgariser les nouvelles technologies de la communication et de l’information dans le pays. Initié par le Cerco (Cercle de renforcement de connaissance), l’initiative a pour premiers interlocuteurs les scolaires.

Les jeunes Béninois à l’école du cyber-bus. Le Bus de l’Internet est un outil de vulgarisation des technologies de l’information et de communication initié, en avril 2003, par le projet Cerco (Cercle de renforcement des connaissances). Cette idée est née d’un constat effectué par le Cerco qui gère cinq collèges semi-publics dispersés dans tout le pays. Ces derniers scolarisent des enfants titulaires du Certificat d’études primaires mais qui n’ont pas obtenu leur entrée en 6ème.

«Dans nos établissements, nous couplons l’enseignement général avec un enseignement multimédia. Nous nous sommes rendus compte que les élèves ne pouvaient pas mettre en pratique leurs connaissances. Les cybercafés reviennent trop chers en termes de connexions et d’installation », souligne Alain Capo-Chichi, directeur du projet qui dispose également de cybercafés. L’alternative est toute trouvée : le Bus de l’Internet. Son objectif est de permettre à la population et surtout aux jeunes Béninois d’accéder gratuitement aux autoroutes de l’information et de se former à l’usage des nouvelles technologies.

Interrogations on line

Ce dernier fonctionne grâce à une liaison wireless à partir d’une basse tension. « C’est une sorte de serveur qui permet de se connecter de n’importe où à condition d’être dans un périmètre de 50 km », explique Alain Capo-Chichi. Le bus est équipé de sept ordinateurs auxquels s’ajoutent des appareils vidéo-numériques et des vidéos-projecteurs selon les besoins. Il fonctionne en moyenne avec une dizaine de personnes dont des formateurs.

Dans le cadre de ce projet, il a été mis en place un outil d’évaluation composé de questions à choix multiples qui permettra aux enseignants, face à des effectifs souvent pléthoriques, de pouvoir réaliser des interrogations via le net. Les élèves pourront recevoir leurs questions directement dans leur boîte e-mail. L’évaluation est automatique. Les matières concernées : les mathématiques, l’histoire, la biologie et l’anglais, enseignées de la sixième à la troisième. Le bus opère à proximité des établissements qui ne sont pas équipés en matériel informatique et leur offre la création d’un site web.

Former les agents municipaux

Les élèves, les enseignants et les parents d’élèves peuvent ainsi se familiariser à l’Internet. Ces derniers l’associent souvent à la pornographie. Il s’agit pour les responsables du projet de leur faire découvrir les usages utiles et productifs du net. Le bus intervient également auprès des municipalités. « Notre action auprès d’elles est très importante dans la mesure où nous évoluons dans un système décentralisé où les écoles font partie du patrimoine municipal, précise Alain Capo-Chichi.

C’est le cas de la mairie de Cotonou où nous constatons déjà les effets de notre démarche. Tous les agents municipaux possèdent aujourd’hui une boîte électronique. Nous travaillons, à l’heure actuelle sur un projet qui va permettre d’établir par exemple des cartes d’identité, plus généralement des actes d’Etat civil via Internet. C’est une façon de lutter contre la corruption puisqu’il n y aura aucun contact entre les citoyens et les agents municipaux ». Le Bus de l’Internet est financé à hauteur de 80% par les parents d’élèves des établissements gérés par le Cerco. La prestation de services auprès des entreprises (formation) et la création de sites (notamment pour les artistes béninois) constituent une autre source de revenus pour ce projet.