Un Africain en Russie

« Tavarich Gaye » en aura vécu des aventures en Russie. Ce personnage fictif originaire de Sanaré, un pays imaginaire, nous fait découvrir ses amis, ses amours et ses problèmes dans l’ex-URSS. Le Sénégalais Souleyanta Ndiaye, dont c’est le premier roman, nous conte l’histoire de ce fou de marxisme avec une plume légère.

Mara Gaye est né à Koumpa, un village de Sanaré, un pays africain imaginaire. Il perd sa mère jeune, une blessure qui saignera longtemps. Le jeune homme en a vu des Sanaréens risquer leur vie pour une hypothétique existence meilleure en Europe. Mais lui rêve d’autre chose : du bloc qu’était alors l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). « J’avais délibérément opté pour des études supérieures en Union soviétique et nulle part ailleurs. (…) Mon choix était tombé sur l’URSS pour des raisons affectives d’abord, idéologiques ensuite. La société soviétique était pour moi le condensé le plus parfait de ce que représentait une société juste », explique-t-il.

Un rêve qu’il réalise en quittant son pays natal pour perfectionner ses cinq années de russe et, surtout, découvrir le berceau du marxisme. Toucher du doigt ce que lui et ses frères d’idéologie du Groupe vengeance X avaient imaginé. Finalement, il fera plus que cela : il deviendra l’ambassadeur africain de cette politique, sous le nom de « Tavarich Gaye »…

De la gloire à la déchéance

Ce sont ses aventures, qui se révèleront moins idylliques que prévu, qui sont consignées dans Tavarich Gaye (le Camarade Gaye). Sorte de mémoires du héros-narrateur, le premier roman du Sénégalais Souleyanta Ndiaye, qui se déroule dans les années 70-80, mêle sans cesse présent et passé. La plume, légère, distille sans ambages les sentiments du jeune communiste. Ainsi, le lecteur vit de l’intérieur les méandres politiques, amoureux et affectifs que subit ou maîtrise Tavarich Gaye. Et assiste à ses moments de gloire ou de déchéance.

L’auteur, conseiller à la délégation permanente du Sénégal auprès de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, les sciences et la culture), avait de quoi être inspiré. Il a été diplômé de l’Institut de Pouchkine de Moscou et est également professeur de russe. En signant Tavarich Gaye, le père de quatre enfants s’est greffé de fait à l’actualité, à l’heure où les média rapportent de temps à autre le calvaire des étudiants africains de Russie. Victimes de racisme et, dans le pire des cas, de meurtres. Toutefois, c’est en Moldavie, où il passera un an d’études préparatoires, que Tavarich Gaye découvrira « les multiples agressions physiques et les autres mauvais traitements dont étaient fréquemment victimes les étudiants noirs ».

 Tavarich Gaye de Souleyanta Ndiaye

Editions Monde Global

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