Tyson, le guerrier des temps modernes

Un coup de poing. Un seul. Aura suffi pour donner la victoire par K.O à « Tyson » contre le légendaire Mor Fadam. Qui l’eût cru ?. Le milieu de la lutte sénégalaise est en émoi. Pas le vaincu, qui avait fait la promesse de prendre sa revanche après une première défaite à Banjul en octobre dernier.

Lutte sénégalaise. Pour une dixième victoire, celle à laquelle le public averti a assisté dimanche dernier au stade Demba Diop de Dakar, restera dans les annales. Tyson, Mohamed Ndao de son vrai nom, a une fois pour toutes balayé les derniers doutes de ceux qui croyaient encore à un coup de chance, lors de sa première confrontation avec Mor Fadam. Comme d’habitude Tyson ne s’est pas ménagé pour séduire ses admirateurs. Le public comblé a ainsi pu apprécier son énorme sens du rythme lorsqu’il esquisse sa fameuse danse  » boul Faalé » avant de profiter de sa jeunesse et de sa force physique.

Pour Mor Fadam, cette défaite est d’autant plus cuisante qu’elle est intervenue quelque sept minutes seulement après le début du combat. Après une période d’observation mutuelle sanctionnée par l’arbitre pour non combativité, Tyson se jette sur Mor Fadam et lui assène un coup de poing dont la précision finira de faire des jaloux chez les dentistes, tant il s’est avéré efficace et expéditif pour retirer une dent.

Le doute n’est donc plus permis. Tyson, à l’image de son homonyme américain en boxe anglaise, est bel et bien un des meilleurs pugilistes. Peut-être que le drapeau américain dont il aime se draper le corps avant et après chaque combat y est pour quelque chose ?

« Tyson » réconcilié avec son public

Malgré son talent, le soutien du public sénégalais n’était pas acquis pour Mohamed Tyson. Jusque dans les dernières minutes qui ont précédé le match, certains pensaient même que le fait d’avoir aperçu le champion aux côtés d’un candidat lors des élections présidentielles de mars 2000, avait fini de décevoir « les fans ». Et il est vrai que la politique est un domaine dans lequel aucune star sénégalaise ne doit prendre part au risque de se voir pointer du doigt par le public. Craintes définitivement balayées après l’accueil spécialement triomphal et chaleureux que lui a réservé la foule. Plus que jamais, la génération « Boul Faalé » dont Tyson est le guide, est un ample phénomène de société dans lequel la jeunesse sénégalaise s’identifie pleinement.

L’enfant prodigue de Kaolack, sa ville originaire, n’a toujours pas trouvé de challenger. Personne ne sait s’il existe mais il lui faudra bien du courage pour arriver à terrasser l’homme qui, à 29 ans, pense « décrocher », par dépit, faute d’adversaire à sa mesure.