Tunisie : Weld El 15 et Klay BBJ « tabassés » par la police

Les rappeurs Klay BBJ et Weld El 15 auraient été « tabassés » et arrêté jeudi par la police à l’issue d’un concert. Ils ont été libérés le soir-même dans un piteux état.

Les textes défilent et agacent sérieusement les fonctionnaires de police présents sur place. Jeudi, au Festival international de Hammamet, en Tunisie, les rappeurs Weld El 15 et Klay BBJ ont provoqué la colère des policiers. A l’issue d’un concert organisé en commun sur la scène du théâtre du centre culturel de la ville, plusieurs policiers ont suivi les deux artistes dans les loges avant de les menotter et les conduire au poste de police de Hammamet, où ils auraient été tabassés. Les marques qu’ils présentaient lors de leur libération le soir-même laissent effectivement penser que les deux rappeurs ont passé un sale quart d’heure au poste de police.

Le rappeur Weld El 15, qui a récemment été emprisonné pour avoir insulté la police tunisienne dans l’un de ses clips, a été conduit à l’hôpital dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 4 heures du matin. Il raconte avoir subi des violences de la part des policiers, tout en exhibant des traces de coups reçus sur les bras comme preuves. L’avocat de Weld El 15, Ghazi Mrabet, aux micros de Mosaïque FM a affirmé qu’une plainte sera déposée contre les « agresseurs » de la victime présumée. D’après lui, l’interrogatoire des deux jeunes rappeurs a duré environ 1 heure et demi, avant qu’ils ne soient relâchés. L’avocat de Weld El 15 est dans l’attente d’une convocation officielle à comparaître devant le procureur de la République du tribunal de Nabeul.

Vidéo du concert, de l’arrestation et de l’arrivée à l’hôpital des rappeurs

Condamné en mars dernier à deux ans de prison ferme en première instance pour sa chanson « Boulicia Kleb) (les policiers sont des chiens, ndlr), Weld El 15 avait vu sa peine réduite en appel à six mois de prison avec sursis. « Mais il n’a pas chanté cette chanson (jeudi soir). Il a chanté son vieux répertoire, des chansons datant de l’époque Ben Ali », a souligné Me Mrabet. « A l’époque, il n’avait pas été arrêté pour ces textes », a-t-il relevé. La précédent condamnation de Ala Yaacoubi (Weld El 15) avait suscité de nombreuses réactions en Tunisie et à l’international et avait relancé les critiques contre le gouvernement tunisien dominé par les islamistes d’Ennahda.

A l’époque, des ONG avaient dénoncé la restriction de liberté d’expression acquise après la chute du dictateur Ben Ali, en janvier 2011.