Tunisie : le rappeur Weld el 15 libre après avoir traité les policiers de « chiens »

Le rappeur Weld el 15, condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour avoir traité les policiers tunisiens de « chiens » va être libéré ce mardi, a annoncé son avocat. L’artiste qui s’était mis en grève de la faim, écopera finalement de six mois de prison avec sursis.

Le rappeur tunisien, Weld el 15 alias Ala Yaâcoub, va être libéré ce mardi, a annoncé son avocat Ghazi Mrabet. L’artiste a finalement été condamné par le tribunal de Ben Arous à six mois de prison avec sursis, en appel, contre deux ans ferme en première instance, pour avoir traité « de chiens » les policiers dans l’une de ses chansons, Boulissya Kleb, rapportent les médias locaux. Selon l’avocat de l’artiste tunisien, « c’est une victoire pour la liberté, la démocratie, pour Weld el 15 qui n’a fait qu’un travail artistique », après avoir pris connaissance de l’arrêt de la Cour d’appel de Tunis.

« Les policiers sont des chiens »

L’artiste engagé avait entamé une grève de la faim pour protester contre la décision de justice en première instance. Plusieurs membres de la société civile tunisienne, notamment des militants des droits de l’Homme, l’avaient soutenu. A l’instar de la journaliste franco-tunisienne, Hind Meddeb, co-auteure du documentaire « Méditerranéennes », diffusé mardi 18 juin dernier sur France 2. Cette dernière, qui a dénoncé une décision de justice démesurée à l’encontre du rappeur, après avoir entendu le verdict, s’était levée et avait crié lors de l’audience : « Boulissya Kleb » (Ala Yaâcoub): l’insulte pour laquelle Weld el 15 avait été inculpé. Elle est aussitôt interpellée par une horde de policiers. Elle finira par être libérée 7 heures après avoir reçu une convocation à se présenter au tribunal. D’autres proches et amis du rappeur avaient aussi contesté la décision du juge, poussant des cris dans la salle. Une attitude violemment réprimée par les forces de l’ordre qui sont intervenues, les poussant à coups de matraques vers la sortie du Tribunal.

L’affaire Weld el 15 a aussi été très suivie en France. De nombreux militants des quartiers populaires l’ont soutenu, dénonçant le manque de liberté d’expression, deux ans après la chute de Ben Ali.