Tunisie : un journaliste en garde à vue après des déclarations sur Kaïs Saeïd et l’armée

Le Président de la Tunisie, Kaïs Saïed
Le Président de la Tunisie, Kaïs Saïed

Un journaliste tunisien a été placé en garde à vue, après avoir déclaré que le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a instruit les forces de défense «d’encercler le siège de l’Union générale tunisienne du travail, ce qui a été rejeté par l’armée».

C’est au cours d’une sortie à la chaîne qatarie Al-Jazeera, ce samedi 11 juin 2022, que le journaliste Salah Attia a révélé ce qui peut être perçu comme une attitude de désobéissance de l’armée de ce pays d’Afrique du Nord, qui aurait refusé d’exécuter les instructions du Président tunisien, Kaïs Saïed. Ce dernier, aurait demandé «aux autorités militaires d’encercler siège de l’Union générale tunisienne du travail, ce qui a été rejeté par l’armée», a indiqué l’homme de médias. «L’armée a refusé d’accéder à la demande du Président et en a informé les dirigeants de la centrale syndicale», a enfoncé le journaliste.

Ce dimanche, Samir Ben Amor, membre du pool d’avocats du journaliste, a annoncé que la justice militaire a décidé de placer en garde à vue Salah Attia, en raison de ses déclarations mettant en cause l’armée tunisienne. «Lors de l’audition d’Attia de la part de l’unité chargée de l’enquête, il a refusé de révéler la source de ses informations et s’est prévalu des dispositions du décret 115 de 2011 relatives à la liberté de la presse», a indiqué la robe noire. «Le juge d’instruction du tribunal militaire a autorisé sa mise en garde à vue, ainsi que sa comparution devant le juge d’instruction lundi prochain», a ajouté Me Samir Ben Amor.

Toujours selon l’avocat, «le procureur militaire a autorisé l’ouverture d’une enquête contre le journaliste Salah Attia qui est accusé d’attentat ayant pour but de changer la forme de l’Etat, d’incitation des gens à s’armer les uns contre les autres ou à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien, d’imputer à un fonctionnaire public des faits illégaux en rapport avec ses fonctions, sans en établir la véracité, d’atteinte à la dignité, à la renommée, au moral de l’armée, d’outrage à autrui à travers les réseaux publics de communication».

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