Tunisie : trois Femen soutiennent, seins nus, Amina

Trois Femen ont observé un sit-in seins nus devant le palais de justice de la capitale tunisienne pour apporter leur soutien à Amina, la première Femen tunisienne. L’opération n’a toutefois pas duré longtemps puisque les trois femmes originaires de France et d’Allemagne ont rapidement été interpellées.

Une première dans le monde arabo-musulman. Après l’action seins nus d’Amina, la première Femen tunisienne à s’être exhibé sur Internet et à avoir défrayé la chronique, trois militantes du mouvement féministe sont passées mercredi à l’acte dans la rue cette fois-ci. En dévoilant leur poitrine face à une foule de journalistes réunis devant le palais de justice à Tunis, les trois jeunes femmes, deux Françaises et une Allemande ont voulu dénoncer les conditions de la femme dans ce pays. Leur slogan était « Free Amina ».

Cette dernière, décrite par ses proches comme une dépressive chronique suicidaire, est actuellement en détention provisoire et doit passer en jugement jeudi à Kairouan, dans le centre pour port illégal de bombe lacrymogène, un délit passible de six mois d’emprisonnement. Elle a été arrêtée le 19 mai à proximité d’un cimetière à Kairouan où elle a peint le mot « Femen ». Elle risque également deux ans de prison pour profanation de cimetière.

La police a neutralisé les trois compères sans ménagement avant de les traînées à l’intérieur du tribunal. Ces Femen occidentales qui pensaient réaliser un acte de bravoure se sont vues huer par les avocats du tribunal qui après avoir chanté l’hymne national ont scandé le fameux slogan « Dégage », ce célèbre mot d’ordre qui a mis à la porte du pays Ben Ali en janvier 2011 et quelques jours plus tard a poussé le dirigeant égyptien Hosni Moubarak à la démission. « Une enquête a été ouverte et elles seront placées en état d’arrestation et traduites en justice », a déclaré le porte-parole du ministère de la Justice, Adel Riahi, à l’AFP, sans préciser les accusations qui pourraient être retenues alors que l’attentat à la pudeur est passible de six mois de prison en Tunisie.

Dans une vidéo, on aperçoit les trois Femen escalader le muret du portail du palais et criait « Free Amina ». Des femmes et un homme tentent de les couvrir à l’aide de vêtements, repoussés aussitôt par les Femen. L’Action a déclenché la colère des passants. Dans l’euphorie, six journalistes, français et tunisiens travaillant pour l’agence Reuters et la chaîne Canal +, ont été interpellés par les forces de l’ordre qui leur ont demandé de remettre leurs images.

La dirigeante de Femen à Paris se félicite de l’action menée par ses troupes en Tunisie. « C’est la première action que nous menons dans le monde arabe (…) j’ai préparé cette équipe internationale à Paris et elles ont été envoyées hier (mardi) à Tunis », a expliqué à l’AFP par téléphone Inna Shevchenko, dirigeante de Femen à Paris.