Tunisie : trois ans après la chute de Ben Ali, les inégalités régionales persistent

Trois ans après la chute de Ben Ali, la Tunisie n’est toujours pas apaisée. Les inégalités régionales, qui ont été l’une des raisons du soulèvement contre l’ancien régime, demeurent.

C’était le 14 janvier 2011 que Ben Ali a été contraint de quitter le pouvoir par un soulèvement sans précédent des Tunisiens, poussant l’ancien chef d’Etat à s’exiler en Arabie Saoudite, car ni la France ni aucun autre pays arabe ne voulait l’accueillir. Trois ans après son départ, les objectifs de la révolution sont loin d’être atteints.

La Tunisie rêvée par tous ceux qui se sont soulevés contre le régime répressif de Ben Ali ne s’est pas encore matérialisée. Le chômage des jeunes persiste et les inégalités régionales demeurent. C’est pourtant de ces inégalités que la révolution a germé, après l’immolation par le feu, le 17 décembre 2010, du jeune marchand ambulant Mohamed Bouazizi, qui protestaient contre la confiscation de ses marchandises par la police, à Sidi-Bouzid, dans le centre de la Tunisie.

Ces derniers jours, la tension sociale a été particulièrement vive dans la région du centre-ouest, où plusieurs manifestations ont eu lieu contre les mauvaises conditions de vie. Les protestataires ont exprimé leur mécontentement contre l’entrée en vigueur d’une série de taxes sur les moyens de transports privés et professionnels. Une série de heurts a opposé de jeunes manifestants en colère aux les forces de l’ordre qui ont riposté avec du gaz lacrymogène.

Kasserine en ébullition

Début janvier, la grève générale à Kasserine contre les inégalités de développement, à l’appel du syndicat de l’UGTT, a marqué les esprits. Le mouvement de protestation avait été organisé à une date symbolique, marquant la mort du premier habitant de Kasserine, lors de la révolution de janvier 2011 contre Ben Ali. Trois ans après le départ de ce dernier, ce sont les mêmes slogans que les manifestants entonnent aujourd’hui :
« Le peuple veut la chute du régime », « Pauvre peuple ils (les islamistes d’Ennahda au pouvoir) t’ont bien eu au nom de la religion ».

L’analyse de ce syndicaliste, qui était parmi les manifestants de la grève générale à Kasserine, résume bien la situation : « Nous avons voulu en cette journée, qui marque la mort du premier martyr de la révolution à Kasserine, protester contre le sous-développement et la situation socio-économique médiocre dans notre région. La classe politique doit savoir que nous tenons toujours à la réalisation des objectifs de la révolution : dignité, liberté, et travail». Dans une Tunisie qui se cherche toujours, il y a encore du chemin à parcourir pour que les objectifs de la révolution soit atteints.