Tunisie : mandat de dépôt contre le journaliste Salah Attia


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Salah Attia, journaliste
Le journaliste Salah Attia

Un mandat de dépôt a été émis par un juge tunisien, ce lundi 13 juin 2022, contre le journaliste Salah Attia pour ses déclarations relatives à l’armée au chef de l’Etat de ce pays d’Afrique du Nord, Kaïs Saeïd.

C’est sur sa page Facebook que l’avocat Samir Dilou a annoncé que «le journaliste Salah Attia a été placé en détention suite à ses récentes déclarations à la chaîne de télévision Al Jazeera». Le samedi 11 juin 2022, le journaliste Salah Attia avait révélé que l’armée tunisienne aurait refusé d’exécuter les ordres du Président Kaïs Saïed qui aurait demandé «aux autorités militaires d’encercler siège de l’Union générale tunisienne du travail, ce qui a été rejeté par l’armée».

Le lendemain dimanche, Samir Ben Amor, un des avocats du journaliste, a annoncé que la justice militaire a décidé de placer son client en garde à vue, en raison de ses déclarations mettant en cause l’armée tunisienne. «Lors de l’audition d’Attia de la part de l’unité chargée de l’enquête, il a refusé de révéler la source de ses informations et s’est prévalu des dispositions du décret 115 de 2011 relatives à la liberté de la presse», a indiqué l’avocat.

«Le juge d’instruction du tribunal militaire a autorisé sa mise en garde à vue, ainsi que sa comparution devant le juge d’instruction lundi prochain», avait précisé l’avocat, ajoutant que «le procureur militaire a autorisé l’ouverture d’une enquête contre le journaliste Salah Attia qui est accusé d’attentat ayant pour but de changer la forme de l’Etat, d’incitation des gens à s’armer les uns contre les autres ou à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien, d’imputer à un fonctionnaire public des faits illégaux en rapport avec ses fonctions».

Toutefois, déplore l’avocat, le tribunal n’a pu «établir la véracité, d’atteinte à la dignité, à la renommée, au moral de l’armée, d’outrage à autrui à travers les réseaux publics de communication». Notons par ailleurs que le journaliste était allé jusqu’à affirmer que «l’armée a refusé d’accéder à la demande du Président et en a informé les dirigeants de la centrale syndicale». Des propos qui l’ont conduit en prison. Pour sa part, le Syndicat national des journalistes tunisiens a réitéré son rejet des procès militaires visant des civils, ajoutant qu’il suivait de près cette affaire.

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Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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