
L’ancienne Première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, est sortie de son silence pour réaffirmer que son patrimoine ne provient d’« aucun fonds public gabonais ». Dans une déclaration publiée sur son compte X et accompagnée d’un communiqué de ses avocats suisses, elle conteste les poursuites engagées contre elle, dénonce une procédure motivée par le contexte post-coup d’État de 2023 et assure vouloir faire valoir ses droits devant les juridictions compétentes.
Sylvia Bongo poursuit sa contre-offensive judiciaire et médiatique. Dans une série de déclarations publiée le 2 juillet 2026 sur son compte X, l’épouse de l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba affirme que les avoirs qui lui sont attribués ne sont issus d’aucun détournement de fonds publics.
« Mes économies ne proviennent d’aucun fonds public gabonais. Je l’affirme avec la même constance depuis le premier jour », écrit-elle. A l’en croire, aucune preuve ne relie son patrimoine ou ses comptes bancaires aux finances de l’État gabonais. « Je l’affirme avec la même constance depuis le premier jour. À ce jour, aucune preuve n’établit que mon patrimoine provient d’un détournement de fonds publics. Aucun virement du Trésor public, aucun décaissement de l’État, aucune trace bancaire ne relie mes comptes, mes actifs ou mon patrimoine à des ressources publiques ».
Selon l’ancienne Première dame, les établissements bancaires concernés auraient effectué l’ensemble des contrôles requis en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Elle soutient que l’origine des fonds, les bénéficiaires effectifs et les différentes opérations financières ont été vérifiés et validés conformément aux exigences réglementaires.
La décision de la Cour de justice « ne préjuge en rien de l’issue du fond du dossier »
Dans un communiqué diffusé le même jour, les avocats suisses de Sylvia Bongo indiquent que leur cliente a pris acte de la décision rendue par la Cour de justice. Le pool d’avocats précisent qu’il ne s’agit que d’un arrêt portant sur des questions de procédure. Ils estiment que cette décision « ne préjuge en rien de l’issue du fond du dossier ». ils réaffirment la volonté de Sylvia Bongo de poursuivre sa défense devant les juridictions compétentes.
L’ancienne Première dame replace également cette procédure dans le contexte du coup d’État du 30 août 2023 qui a renversé le président Ali Bongo. Elle affirme que l’enquête ouverte en Suisse résulte d’un signalement automatique intervenu après les accusations formulées au Gabon à la suite du changement de régime.
Sylvia Bongo soutient qu’au moment de l’ouverture de cette procédure, en novembre 2023, elle était détenue au Gabon, privée de tout contact avec l’extérieur. Elle affirme avoir été victime de détention arbitraire, d’actes de torture et de pressions destinées, selon ses déclarations, à lui faire signer des ordres de virement.
« Dans un État de droit, une accusation ne vaut jamais preuve », Sylvia Bongo
Sylvia Bongo a insisté sur le principe de la présomption d’innocence. Non sans rappeler que la charge de la preuve incombe exclusivement à l’accusation. « Dans un État de droit, une accusation ne vaut jamais preuve. Seules les preuves fondent la justice », affirme-t-elle. L’ex-Première dame assure également être disposée à répondre à toute vérification complémentaire.
Sylvia Bongo et son fils Noureddin condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour détournement
Les déclarations de l’ex-Première dame interviennent plusieurs mois après sa condamnation par contumace. Le 11 novembre 2025, la justice gabonaise a condamné Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo à vingt ans de réclusion criminelle. Ils sont poursuivis pour détournement massif de fonds publics, blanchiment de capitaux, recel et usurpation de titres. Noureddin Bongo a également été reconnu coupable de corruption active de membres du Centre gabonais des élections. Des faits liés à l’élection présidentielle de 2023.
Sylvia Bongo a passé près de vingt mois en détention à Libreville à la suite du coup d’État. Elle et son fils ont été autorisés à quitter le Gabon, en mai 2025. Ce, dans le cadre d’une liberté provisoire. Ils résident depuis à Londres.




