Tunisie : les négociations au siège de l’UGTT tombent à l’eau


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La nouvelle rencontre entre la coalition, dans le cadre d’un dialogue national, n’a donné lieu à aucun consensus. L’UGTT pourrait bien être prochainement écartée des négociations.

Pas de consensus en vue. C’est du moins l’avis de Houcine Abassi, Secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), à propos de la réunion qui s’était ouverte dimanche 1er septembre entre partis de la troïka (coalition au pouvoir, ndlr), dans le cadre d’un dialogue national. « Il n’y a pas eu de grandes évolutions lors de cette réunion », a déclaré le principal médiateur, Houcine Abassi, avant d’ajouter qu’« il faut que les deux parties se réunissent et fassent des concessions importantes », a-t-il ajouté, faisant allusion à la coalition et l’opposition. Ainsi, les dirigeants du parti Ennahda, Sahbi Atig et Abdellatif Mekki, d’Ettakatol, Khelil Zaouia et Mouldi Riahi, et du Congrès pour la République (CPR), Imed Daïmi et Ikbel Msaddaâ, qui ont pris part à la réunion de travail, sont rentrés bredouilles aux sièges de leurs partis respectifs. Cette impasse pourrait marquer la fin de la participation aux négociations de l’UGTT, dirigées par Houcine Abbasi. Cette réunion avait pour objectif d’écouter les propositions de l’opposition, aux partis de la Troïka au pouvoir, qui détiendrait « la solution pour sortir de la crise », selon l’opposant de la gauche radicale Hamma Hammami.

Les représentants d’Ennahda, du Mouvement des Démocrates Socialistes (MDS) et du Parti de la Réforme et du Développement (PRD) ont appelé à l’organisation d’un congrès de dialogue national en toute urgence et sans conditions préalables. Ils souhaitent que ce congrès ne soit placé sous aucune tutelle, faisant allusion à celle de l’UGTT dans la médiation actuelle. L’UGTT pourrait donc être écartée du banc des négociations. La résolution d’une crise politique par la voie d’un syndicat est unique dans le monde. Jamais un syndicat n’avait pris les rênes d’une négociation politique en vue de résoudre un conflit.

Quatre semaines pour démissionner

La Troïka, qui a fini par accepter que le gouvernement démissionne, a proposé de réduire de 8 à 4 semaines les délais, selon Mouldi Riahi, membre du bureau politique d’Ettakatol et député à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). « Nous avons présenté des propositions plus souples pour ce qui est des dates limites pour la démission du gouvernement et le démarrage du dialogue concernant le nouveau gouvernement », a dit M. Riahi aux médias, à l’issue de la réunion, mardi matin, avec les représentants de la Troïka.

Avec le démarrage du dialogue national, il se pourrait, toujours selon le député Ettakatol Riahi, que la Troïka fasse davantage preuve de souplesse dans les négociations et revienne « très bientôt » aux pourparlers. « La situation politique et la difficile conjoncture économique et sociale ne pourront s’acheminer vers la stabilité et le rétablissement de la confiance des citoyens, des milieux financiers internationaux et des pays frères et amis qu’à la condition de la conclusion d’un accord concernant la haute instance indépendante pour les élections et la date des élections », a-t-il encore ajouté.

Abassi prêt à dévoiler des « vérités »

De son côté, le dirigeant du puissant syndicat tunisien, Houcine Abassi, a estimé qu’il n’y avait pas de grands changements en ce qui concerne les propositions présentées par la Troïka, « sauf un peu plus de précisions et de détails ». Toutefois, le processus a, selon lui, retrouvé une certaine clarté depuis que le délai 8 semaines pour la démission du gouvernement a été réduit à 4 semaines.

Mais le SG de l’UGTT prévient, « en cas d’échec des négociations, nous serons obligés de dévoiler au peuple tunisien un ensemble de vérités et de lui présenter un bilan des négociations ». Quelles sont donc ces vérités que pourrait dévoiler Houcine Abassi ? Les Tunisiens ne les sauront probablement jamais puisque ce dernier constate, d’après Webmanagercenter.com, que des indicateurs ont montré que le règlement de la crise politique devrait résoudre la crise économique dans le pays. Quant au gouvernement Larayedh, il devrait prendre fin le 29 septembre prochain.

La crise politique en Tunisie dure maintenant depuis plusieurs mois. Elle s’est intensifiée considérablement après le meurtre de l’opposant Mohamed Brahmi, le 25 juillet 2013, moins de six mois après celui de Chokri Belaïd.

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