Tunisie : les finances publiques dans une « situation difficile »

Le gouvernement tunisien a eu recours à des « mesures exceptionnelles » en raison de l’état critique des finances.

Les finances publiques en Tunisie sont au plus bas. Le gouvernement a du avoir recours à des « mesures exceptionnelles » pour couvrir les salaires du mois d’avril. « Aujourd’hui, les finances publiques passent par une situation difficile, pour ne pas dire critique, surtout au niveau des liquidités », a déclaré jeudi le porte-parole du gouvernement, Nidhal Ouerfelli, qui est également ministre auprès du chef du gouvernement en charge du Suivi des Affaires économiques, cité par des radios locales.

Une régression dans le déficit commercial de la Tunisie a été observée durant le premier trimestre 2014. Selon les chiffres officiels, les importations ont augmenté de 7,9% par rapport à la même période l’an dernier, alors que les exportations ont baissé de 1,8%.

L’Etat est à la recherche de 600 millions de dinars, soit plus de 270 millions d’euros, d’ici fin juillet pour couvrir ses dépenses, en compensation des prêts de 2,4 milliards de dinars (plus d’un milliard d’euros) déjà octroyés. Un pré-accord avait été trouvé entre le FMI et la Tunisie, fin mars, qui doit permettre le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide de 225 millions de dollars pour accompagner la transition politique du pays. Le montant de la somme doit encore être approuvé par les Etats membres du FMI. Un précédent versement avait été effectué fin janvier d’un montant de 506 millions de dollars. Ces aides s’inscrivent dans le cadre du plan d’aide de 1,7 milliard de dollars accordé en juin 2013 par le FMI.

Légère hausse du tourisme

Les autorités tunisiennes comptent notamment sur le tourisme pour relancer l’économie. Après une chute vertigineuse, ce secteur-clé à connu une légère hausse au premier trimestre 2014 par rapport à la même période en 2013, une année marquée par une profonde crise politique. Le nombre de touristes est ainsi passé à 988 767, soit une augmentation de 7,1%, d’après les statistiques du ministère du Tourisme. Ce chiffre reste toutefois inférieur au 10% de l’année 2010, période de référence pour le secteur.

Le Fonds monétaire international (FMI) a toutefois jugé mardi que la croissance économique en Tunisie devrait se raffermir, « stimulée par un retour de la confiance après l’adoption d’une nouvelle Constitution, la baisse des tensions sécuritaires et l’introduction de réformes pré-électorales ».