Tunisie : les Etats-Unis exigent un verdict sévère à l’encontre des 20 assaillants

L’ambassade américaine en Tunisie a fait savoir, mercredi dans un communiqué, son indignation à la suite du verdict concernant les 20 assaillants qui avaient attaqué son consulat le 14 septembre 2012. L’ambassade américaine exige de la Tunisie qu’elle mène une enquête approfondie pour sanctionner les commanditaires.

« Le verdict ne correspond pas de manière appropriée à l’ampleur et à la gravité des dégâts, ainsi qu’à la violence qui ont eu lieu le 14 septembre 2012 », précise un communiqué de presse de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis. L’ambassade américaine s’indigne du verdict rendu mardi 28 mai par la justice tunisienne et souhaite des sanctions à la hauteur de l’acte.

A travers son communiqué, l’ambassade montre toute son inquiétude et urge le gouvernement tunisien à prendre les mesures nécessaires pour sanctionner les commanditaires. « Nous tenons à ce qu’une enquête approfondie soit menée et que les instigateurs de l’attaque, toujours en liberté, soient traduits en justice. Il incombe au gouvernement tunisien et en vertu du droit international de protéger le personnel et les missions diplomatiques présents en Tunisie », martèle le communiqué.

L’ambassade américaine de Tunisie a été attaquée le 14 septembre 2012 à la suite d’une projection d’un film long-métrage posté sur internet, profanant l’Islam. Il s’en est alors suivi une vague d’indignations de la part de manifestants salafistes venus manifester leur mécontentement. Des affrontements avaient opposé forces de l’ordre tunisiens et manifestants. Ces derniers avaient alors réussi à pénétrer dans l’enceinte du consulat et incendié une partie de l’ambassade. L’attaque avait fait plus de quatre morts et 49 blessés. La responsabilité de l’Etat avait été engagée, certains n’hésitant pas à souligner l’incapacité de la Tunisie à faire face à l’épineuse question de l’insécurité.

Le gouvernement pointé du doigt

Une insécurité de plus en plus grandissante motivée par les récents conflits au Nord-Mali et en Libye. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue le nouveau rempart du terrorisme dans la sous-région. La présence des groupes Salafistes dans ce pays fragilise la sécurité de la Tunisie. En début mai, de violents heurts avaient opposé forces de l’ordre tunisiennes aux terroristes islamistes dans le mont-Chaambi, au niveau de la frontière avec l’Algérie.

Ce 19 mai, un violent affrontement avait opposé forces de l’ordre tunisiennes et salafistes à Ettadhamon, dans la banlieue de Tunis. Les accrochages avaient fait un mort et des centaines d’arrestations. Le gouvernement d’Ennahda tente de rétablir l’ordre, mais n’y arrive toujours pas. Ses détracteurs s’inquiètent et pointent du doigt la responsabilité du gouvernement actuel dans la montée en puissance du salafisme radical en Tunisie.