Tunisie : les élections d’octobre 2011 risquent d’être un flop.

La campagne d’inscription sur les listes électorales a débuté le 11 juillet et s’achèvera le 2 août. La sensibilisation médiatique a débuté presque simultanément. Mais le message n’est pas très clair pour les électeurs qui n’affluent pas dans les centres d’enregistrement.

Plus de 7, 9 millions d’électeurs sont attendus, et une grande majorité pense sincèrement que la présentation de la carte d’identité nationale suffit pour voter, comme le suggère la campagne médiatique menée par le ministère de l’ intérieur depuis plus de quatre mois. Or, aucun électeur même porteur de la carte d’identité ne pourra voter s il ne s est pas volontairement inscrit au préalable sur la liste électorale. A ce jour, l’affluence très décevante dans les centres d’enregistrement démontre cette confusion dans l’esprit des électeurs.

A ce couac, s’ajoutent les difficultés techniques, le matériel qui ne marche pas, les codes secrets qui au deuxième jour de la campagne n’étaient pas totalement fonctionnels et le manque de maitrise des agents sur place. Résultat : des bureaux déserts ou à l’arrêt et des informations fournies qui restent parfois inexactes ou approximatives, comme par exemple de dire aux citoyens inquiets de ne pouvoir s inscrire a cause des problèmes techniques qu’ ils pourront le faire jusqu’à la veille du scrutin. Même si cela reste perfectible, le plus inquiétant, c’est le calme dangereux qui entoure cette campagne et la sensibilisation très insuffisante. Les citoyens rencontres par Afrik étaient surpris d’apprendre que sans se déplacer pour s’inscrire sur les listes électorales du 11 juillet au 2 aout, ils ne pourront pas voter le 23 octobre.

La couverture médiatique parle de devoir citoyen, d’amour du pays et non d’impossibilité de vote en cas de non inscription. Il est à noter que les élections sortent pour la première fois du joug du ministère de l’Intérieur, que celui-ci a fourni sa base de données a la commission indépendante chargée des élections, ce qui facilite l’opération d’inscription qui se fait en moins de deux minutes par la lecture d’un code barre. Le citoyen valide les informations connues ou les actualise puis choisit son bureau de vote.

Les anciennes listes électorales du ministère de l’Intérieur ne seront pas prises en compte. Mais cela signifie qu’en trois semaines il faudra reconstituer toutes les listes, les actualiser et y rajouter tous ceux qui avaient été écartés. Les Tunisiens qui auront su ou pu se déplacer pour s’inscrire seront les seuls a pouvoir voter le 23 octobre pour l’assemblée constituante. Sachant la disparité de moyens qui existe entre les partis, ces trois semaines qui sont décisives, donneront le ton du scrutin trois mois à l’avance. Les campagnes électorales qui seront menées par les divers candidats s’adresseront aux inscrits et uniquement a ceux là et non a la totalité des tunisiens. A ce jour, seuls 2% des électeurs attendus se sont déplacés.