Tunisie : les autorités toujours à la traque du niqab

La Tunisie a toujours le niqab dans le collimateur. Le ministère tunisien de l’Education a suspendu, ce samedi, une institutrice et une surveillante pour leur refus d’ôter le niqab (voile intégral) dans leur école primaire. Le port du voile été aussi réprimé sous le régime de Ben Ali.

La polémique en Tunisie sur le port du niqab (voile intégral) se poursuit. Le ministère tunisien de l’Education a en effet suspendu, ce samedi, une institutrice et une surveillante pour leur refus d’ôter le niqab dans leur école primaire, a indiqué le chargé de presse du ministère, Mohamed el Haj Ettaeïb. « Le ministère a averti plusieurs fois une institutrice à Hammam Lif, au sud de Tunis, et une surveillante à Jendouba, dans le nord-ouest, d’ôter le niqab lors de leur travail mais devant leur refus, elles ont été suspendues », a précisé Mohamed el Haj Ettaeïb, rapporte les médias locaux.

Le chargé de presse du ministère a été on ne peut plus claire : « Ces deux femmes risquent d’être limogées si elles n’appliquent pas les mesures prises par le ministère de l’Education depuis la rentrée scolaire de septembre, dont l’interdiction du port du niqab dans les établissements scolaires ».

Le niqab n’était déjà pas autorisé sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, chassé par la révolution de janvier 2011. L’ancien dirigeant, réfugié désormais en Arabie Saoudite, réprimait en effet tous les islamistes radicaux. Seulement, depuis la révolution, le port du niqab a connu un véritable essor. Le débat sur le voile intégral s’est infiltré jusqu’au sein des universités qui ont notamment été le théâtre d’affrontements entre défenseurs du droit à le porter et ses détracteurs.

Il faut dire que la Tunisie fait face à une montée du terrorisme qui menace son tourisme mais surtout sa stabilité, poussant le pouvoir à prendre des mesure pour renforcer la sécurité du pays. Pas plus tard qu’en février 2014, le ministère tunisien de l’Intérieur avait autorisé la police à procéder à un « contrôle renforcé des personnes portant le niqab, justifiant cette mesure par la lutte contre le terrorisme, en raison du recours de suspects au niqab pour se déguiser et fuir la justice ».