Tunisie : le grand ménage se poursuit

Trois mois après le début de la révolution de Jasmin, les Tunisiens continuent de régler leurs comptes avec les anciens caciques du régime de Ben Ali. Mohamed Ghariani, le secrétaire général de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), a été arrêté lundi. La veille, c’est le frère de l’ancien président tunisien, Slah Ben Ali, qui a été pris entre les mailles du filet de la justice.

Malgré sa dissolution, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) continue d’ être la cible des nouvelles autorités tunisiennes. Son secrétaire général, Mohamed Ghariani a été arrêté et incarcéré lundi. Ce patron de l’ex-parti au pouvoir a fait l’objet d’un mandat d’arrêt du juge d’instruction près du tribunal de première instance de Tunis. Mohamed Ghariani serait accusé d’abus de pouvoir et de malversation dans la gestion du RCD, précise Kapitalis. Des accusations que ses avocats rejettent. Ils affirment qu’en tant que chef du parti, le prévenu n’était pas chargé de sa gestion financière.

Moins de 24 heures auparavant, les autorités tunisiennes ont mis aux arrêts Slah Ben Ali, le frère de l’ancien président déchu par contestation populaire le 14 janvier . Le ministère de l’Intérieur a annoncé dimanche par communiqué que Slah Ben Ali a été arrêté dans sa maison située dans la ville de Sousse, au sud est de Tunis, par des unités de la sécurité nationale. Le frère de Zine El Abidine Ben Ali faisait l’objet de trois mandats d’arrêt lancés par les autorités judiciaires tunisiennes. Pour le moment, il n y a aucune indication sur les délits qu’il a commis.

Les autorités judiciaires provisoires ont également demandé l’extradition du président déchu réfugié en Arabie Saoudite et celle de sa seconde épouse, Leila Trabelsi. Une requête jusque là restée lettre morte. L’ancien chef d’état, hospitalisé dans le pays de la péninsule arabique, serait toujours dans un état grave. Il a cinq frères, dont trois sont toujours en vie: Faouzi, Slah et Farid.

Depuis le début de la révolution tunisienne, le sort des membres de la famille Ben Ali et Trabelsi , poursuivis par la justice, fait l’objet de toutes les attentions. Certains sont toujours en fuite, comme Belhassen, l’influent frère de Leila Trabelsi, qui est actuellement réfugié au Canada, ainsi que le gendre de l’ex-président, Mohammed Sakhr el-Materi. Ils sont accusés, avec sept autres membres du clan de « trafic, possession et commerce d’armes ». L’ex-président et son épouse sont quant à eux accusés d’« acquisition illégale de biens mobiliers et immobiliers en Tunisie et à l’étranger ». Enfin, d’autres sont en résidence surveillée ou tout simplement en liberté après avoir été démis de leurs fonctions officielles.
En outre, tous ceux ayant exercé des fonctions au gouvernement sous l’ère Ben Ali, ou anciennement membres du RCD sont interdits de se présenter lors des élections du 24 juillet pour l’établissement d’une Assemblée constituante. La haute commission chargée de préparer les élections prévoit un scrutin à la proportionnelle et à parité hommes/femmes.

En ce début de période post-révolutionnaire, le clan Ben Ali paie les frais de 23 années d’un règne sans partage sur le pays.