Tunisie : le gendre de Ben Ali a trouvé refuge aux Seychelles

Le gouvernement des Seychelles a accordé le permis de séjour à Sakher el-Materi, gendre de Ben Ali, ancien président de la Tunisie. Une décision que les autorités tunisiennes qualifient d’inacceptable.

La République des Seychelles a accordé un permis de séjour à l’homme d’affaires Sakher el-Materi, gendre du président tunisien déchu Zine El-Abedine Ben Ali. Une décision politique qui provoque la colère des autorités tunisiennes. Ce dernier était en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères qualifie la position des Seychelles d’inacceptable et appelle ce pays à se conformer aux normes et aux lois internationales. Il demande également aux autorités du pays d’extrader le gendre de Ben Ali en Tunisie.

Le gouvernement des Seychelles se défend

« Le gouvernement des Seychelles n’est pas convaincu que les conditions existent à l’heure actuelle en Tunisie pour que Sakher el-Materi bénéficie d’un procès libre et équitable », indique le ministère tunisien des Affaires étrangères.

Les autorités des Seychelles répliquent. Selon un site d’information local, les responsables de l’immigration du gouvernement des Seychelles considèrent que les conditions actuelles en Tunisie ne sont pas favorables pour assurer un procès libre et équitable pour Sakher el-Materi, afin qu’il puisse faire face aux charges énoncées contre lui.

« On n’a pas d’accord d’extradition avec la Tunisie. On comprend bien le drame de ce qui s’est passé en Tunisie et d’ailleurs on comprend aussi la volonté du peuple tunisien à pouvoir amener toutes les personnes impliquées devant la justice. Mais il faut comprendre que la position des Seychelles doit être basée sur la loi », déclare en substance Jean-Paul Adam, ministre des Seychelles des Affaires étrangères.

Sakher el-Materi arrêté en décembre 2012

Sakher el-Materi est poursuivi pour plusieurs affaires et a été condamné pour certaines d’entre elles. Après s’être enfui en France, au Qatar, il atterrit aux Seychelles en 2012 avec sa famille. Le 14 décembre 2012, le ministère tunisien de la Justice annonce son arrestation et réclame son extradition. Une arrestation confirmée par la justice des Seychelles, mais celle-ci refuse de l’emprisonner. Elle lui accorde un permis de séjour. Une décision qui dérange Tunis.