Tunisie : la démocratie de Moncef Marzouki plaît aux députés PS

Moncef Marzouki a tenu ce mercredi un discours devant les députés français à l’Assemblée nationale. Une première depuis la réception en 2006 de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Au cours de cette allocution, le président tunisien a rappelé que son pays a tourné le dos à l’islamisme au profit de la démocratie.

Les Tunisiens n’ont pas oublié que la France, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a été un soutien de l’ancien président tunisien Ben Ali renversé en janvier 2011. « Les Tunisiens ont quand même peu apprécié l’attitude d’anciens gouvernements français qui avaient tout de même apporté un certain soutien à la dictature », a expliqué récemment M. Marzouki dans un entretien accordé à l’AFP.

Après avoir rencontré François Hollande hier à l’Élysée, Moncef Marzouki a déjeuné ce mercredi avec Claude Bartolone, le deuxième président de l’Assemblée nationale après le gaulliste Philippe Seguin, à être originaire de Tunis (SIC). Le nouveau président de la Tunisie s’est exprimé devant le Parlement français. Une première depuis la réception en 2006 de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Au cours de cette allocution, le président tunisien, venue à Paris pour sceller la réconciliation entre la Tunisie et la France, a rappelé que son pays a tourné le dos à l’islamisme au profit de la démocratie.

Démocratie vs islamisme

« On me pose souvent la question : est ce que la Tunisie est tombée dans l’escarcelle de l’islamisme ? La réponse est non, la Tunisie est tombée dans l’escarcelle de la démocratie », a-t-il souligné, applaudi copieusement par les députés français, majoritairement de gauche. Et d’ajouter « de la même façon qu’il existe en Occident des chrétiens-démocrates, il y a et il y aura dans le Monde arabe des partis islamo-démocrates dont Ennahda n’est que le prototype tunisien ». Avant de conclure « c’est la force de la démocratie d’avoir su apprivoiser des forces qui lui étaient au départ hostiles ».

Les parlementaires de droite, dont une partie aux abonnés absents, n’ont que modérément apprécié le discours de Moncef Marzouki. Une partie de l’opposition française s’interroge toujours sur l’orientation politique du parti Ennahda, même si ce dernier vient d’opter pour un nouvel axe. Après quatre jours de débats sur son avenir, le parti islamiste tunisien a validé dimanche son positionnement « modéré » et « centriste », lors de son premier Congrès depuis l’arrivée du président tunisien au pouvoir.

Moncef Marzouki , qui a plaide pour une relation particulière d’égal à égal avec la France, repartira jeudi en Tunisie, après un détour à Marseille, avec la promesse de création d’« un groupe d’impulsion économique » conclue avec Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre français.

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