Tunisie : Kaïs Saeïd convoque un référendum le 25 juillet (officiel)

Kaïs Saeïd, Président tunisien
Le Président tunisien, Kaïs Saïed

Le chef de l’Etat tunisien, Kaïs Saïed, a retenu la date du 25 juillet pour l’organisation d’un scrutin référendaire sur une Constitution amendée. Des craintes sont soulevées sur la volonté du dirigeant d’instaurer un régime autocrate.

Malgré les critiques dénonçant un processus électoral bâclé, le Président tunisien, Kaïs Saïed, qui peine à remettre de l’ordre dans un pays englué dans une impasse politique, a officialisé la date du 25 juillet pour organiser le référendum sur une Constitution amendée. L’annonce a été faite dans le Journal officiel, mercredi soir, à travers un décret présidentiel portant «convocation des électeurs pour un référendum sur un projet de nouvelle Constitution de la République tunisienne».

Elu démocratiquement le dimanche 13 octobre 2019, Kaïs Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs, lorsque le 25 juillet 2021, il a limogé le chef du gouvernement et en prononcé la suspension du Parlement dominé par le parti islamiste Ennahdha. Après un bras-de-fer avec Rached Ghannouchi, le Président finit par prononcer la dissolution de la chambre basse, en fin mars. C’est donc après des mois de blocage politique que le dirigeant a donné la nouvelle sur l’organisation du scrutin.

Durant trois mois, notamment entre janvier et mars 2022, une consultation avait été organisée en ligne, mais n’a pas eu un écho très favorable, surtout qu’elle a été la porte ouverte à des conflits récurrents entre l’exécutif et le législatif. Il y a moins d’une semaine, le chef de l’Etat tunisien a nommé Sadok Belaïd, à la tête d’une commission chargée d’élaborer la nouvelle Constitution à travers un dialogue national. Du pain sur la planche pour le juriste, d’autant que les partis politiques ont été exclus de ces discussions.

Pire encore, la centrale syndicale UGTT, acteur incontournable de la scène politique tunisienne, refuse de prendre part à ce dialogue, arguant que le format proposé par le Président « vise à cautionner des conclusions décidées unilatéralement à l’avance et les faire passer par la force comme des faits accomplis ». Un référendum sur fond de conflits dans un pays qui garde encore les stigmates du Printemps arabe.