Tunisie : guerre des militants autour des femmes, ce mardi


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A l’occasion de la journée tunisienne de la femme, un véritable bras-de-fer va s’engager entre Ennahda qui a appelé ses partisans à manifester massivement mardi pour concurrencer les partis de l’opposition qui réclament la démission du gouvernement et dissolution de la Constituante, depuis la mort de l’opposant Mohamed Brahmi. De son côté, l’opposition a également appelé ses militants à se rassembler.

La bataille des militants est bien engagée en Tunisie. Qui des deux camps rassemblera le plus de monde pour assurer sa légitimité? Une démonstration de force s’engage ce mardi, entre Ennahda qui a appelé ses militants à manifester massivement à partir de 15h00 devant l’avenue Bourguiba à l’occasion de la journée tunisienne de la femme pour tacler l’opposition. Le mot d’ordre de la marche : « Les femmes de Tunisie, piliers de la transition démocratique et de l’unité nationale ». Façon pour les islamistes, régulièrement accusés de vouloir remettre en question les acquis des femmes en Tunisie depuis la promulgation du statut personnel, le 13 août 1956, d’affirmer leur respect de ces avantages octroyés aux femmes.

Riposte

Face aux provocations du parti au pouvoir, l’opposition n’est pas restée de marbre. Elle a de son côté également appelé ses sympathisants à se rassembler devant l’Assemblée constituante pour défendre les femmes. Depuis l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, elle a multiplié les manifestations à l’encontre du pouvoir, réclamant la démission du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée constituante. Elle dénonce la complaisance du gouvernement envers les groupes radicaux salafistes, qu’il laisse prospérer dans le pays, menaçant la stabilité. Les détracteurs du gouvernement de coalition d’Ennahda estiment que ces groupuscules extrémistes sont à l’origine de l’assassinat des opposants Chokri Belaid et Mohamed Brahmi. L’opposition espère mobiliser les Tunisiens, à l’image de la contestation du 6 août qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes contre le pouvoir.

De son côté, Ennahda qui, a aussi à ses trousses le puissant syndicat UGTT, espère relever le défi de la mobilisation d’envergure à laquelle il a convié ses militants. Comme une bonne partie du pays, l’UGTT aussi appelle à la démission du gouvernement. Ce dernier refuse d’abdiquer, proposant une nouvelle équipe réunissant tous les partis politiques du pays. Une rencontre avait été prévue entre le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, et le secrétaire général du puissant syndicat UGTT, Houcine Abassi. Une rencontre qui a accouché sans doute d’une souris…

Toutefois, une manifestation d’envergure est attendue ce mardi en Tunisie, en espérant qu’il n’y ait pas de violence.

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