Tunisie : des journalistes soutenant « Charlie Hebdo » menacés de mort

En Tunisie, les islamistes ont menacé de mort les journalistes soutenant Charlie Hebdo.

L’attentat contre le journal satirique français Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier, a créé une vive émotion à travers le monde. La liberté d’expression était sous toutes les lèvres, notamment en Tunisie, où des journalistes soutenant « Charlie Hebdo » ont fait l’objet de menaces de mort.

Guerre à l’encontre des journalistes

Kamel Zarouk, ancien imam de Tunis, appelle à mener une guerre à l’encontre des journalistes tunisiens apportant leur soutien à leurs confrères de Charlie Hebdo. « Ecoutez-moi, journalistes de la honte. Notre guerre a débuté contre la police et la gendarmerie, aujourd’hui c’est contre vous que nous annonçons la guerre », a-t-il déclaré, dans une vidéo.

Ces menaces s’adressent particulièrement aux journalistes Naoufel Ouertani et Moez Ben Gharbia. Ces derniers ont exprimé publiquement leur soutien à Charlie Hebdo en ces termes : « Après les attaques terroristes de Paris, j’ai exprimé mon soutien aux journalistes français publiquement à la radio, et ce malgré le fait que je ne suis pas d’accord avec ce qu’ils dessinent », précise Moez Ben Gharbia. Au lendemain de son intervention, Kamel Zarouk appelle à le tuer ainsi que ses collègues.

Face à es menaces, la présidence de la République a accordé une protection rapprochée à Moez Ben Ghardia, prenant au sérieux les menaces de mort proférées à son encontre, selon RFI. Des menaces qui ne découragent pas ce journaliste qui précise : « j’ai deux gardes du corps qui assurent désormais ma sécurité, mieux vaut dire adieu au journalisme plutôt que de s’autocensurer par peur ».

Depuis l’assassinat de Chokri Belaid, en février 2013, les journalistes tunisiens reçoivent des menaces de mort. Des menaces qui ne semblent pas effrayer les journalistes du pays. Toutefois, plusieurs d’entre eux bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur.