Tunisie : des internautes candidats aux élections

Des internautes tunisiens ont décidé de présenter leur candidature aux élections de l’Assemblée constituante en Tunisie, le 23 octobre. Ils comptent bien faire entendre leur voix dans la mise en place de la nouvelle Constitution de leur pays.

Déterminés à bâtir la nouvelle Tunisie, de jeunes internautes se sont lancés dans la politique. Adib Samoud, Amira Yahyaoui, Imen Braham, Mehdi Lamloum, Riadh Guerfalin, Tarek Kahlaoui ou encore Yassine Ayari, tous ont présenté leur candidature aux élections à l’Assemblée Constituante prévues le 23 octobre en Tunisie. Blogueurs pour la plupart, ils souhaitent désormais faire entendre leur voix pour l’avènement d’une meilleure Tunisie, indique le réseau Global Voice.

« Une Tunisie où le citoyen prend le pouvoir ».

Adib Samoud, jeune photographe et écologiste, souhaite participer à la mise en place de la nouvelle Constitution pour « instaurer une éco-constitution qui protègera les droits inaliénables à la nature ». Amira Yahyaoui, 27 ans, militante des droits humains, a combattu la censure sous le régime Ben Ali. Elle conduit une liste indépendante en France, intitulé « Sawt Mostakel » (une voix indépendante). «Jusqu’alors, mon engagement politique en Tunisie se faisait dans l’opposition. Aujourd’hui je veux proposer et construire », affirme-t-elle. « Je suis tête de liste de Sawt Mostakel, avec un réel projet que je suis prête à aller défendre à la Constituante ». Sa compatriote Iman Braham, 28 ans, ingénieure agronome et engagée dans la défense de l’environnement, appartient à la même liste qu’Amira. Elle prône un gouvernement ouvert et souhaite défendre « une Tunisie où le citoyen prend le pouvoir. »

Jeune stratège internet et blogueur vidéo, Mehdi Lahoum, connu dans le monde des médias, notamment grâce à son blog Pinklemon, a décidé de s’engager aux côtés de de Youssef Seddik, philosophe et anthropologue tunisien sur une liste indépendante, « al mouwaten essedik » (le citoyen véridique). « En tant que citoyen », il est convaincu que Youssef Seddik fera entendre sa voix dans l’Assemblée constituante.

« Un tournant historique pour la Tunisie »

« Cette élection est un tournant historique pour la Tunisie », estime Tarek Takhloui, professeur au département d’Histoire et d’Art de l’université Rutgers dans le New Jersey (USA). Selon lui, « c’est important d’y contribuer pour en faire une réussite et être candidat à l’élection est un moyen de le faire. » Ce fervent défenseur de la liberté d’expression, qui a annoncé sa candidature sur sa page Facebook, a vu son blog censuré en 2010 par l’ancien régime. Il se présente comme la voix de la jeunesse. Son compatriote, le docteur en Droit public, Riadh Guerfali a, quant à lui, souvent dénoncé les violations commises par le régime de Ben Ali à travers son blog Astrubal. Ce fin connaisseur du droit constitutionnel et des institutions politiques prône la protection des libertés individuelles.

Interpellé par la police le 21 mai 2010, lors d’une manifestation contre la censure, Yassine Ayari indique sur son blog, qu’il n’est pas un simple « blogeur qui veut faire de la politique ». Il se considère plutôt « comme un jeune tunisien, qui pense avoir des choses intéressantes à dire et à faire et souhaite participer à la construction d’une meilleure Tunisie ». Autant de candidatures nourries par l’espoir de tourner définitivement la page du régime Ben Ali.