Tunisie : Ben Ali, le coach grognon

Les sportifs tunisiens n’ont pas fait d’étincelles à Sydney. Le chef d’Etat n’est pas content, et le dit.

 » Malgré toute la sollicitude, les encouragements et les incitations qui leur ont été prodigués « , dixit le président Zine El Abidine Ben Ali, les sportifs tunisiens n’ont pas remporté de médaille à Sydney et n’ont plus d’espoir d’en remporter. La délégation de quarante-huit athlètes, judokas, handballeurs, boxeurs et lutteurs va rentrer penaude au pays. En guise de réconfort, elle a déjà reçu sa volée de bois vert.

La Tunisie aurait investi 200 millions de dollars pour accueillir, l’année prochaine, les XIVe Jeux méditerranéens. Elle se prépare d’autre part à organiser l’édition 2004 de la Coupe d’Afrique des Nations. Ces investissements considérables, qui plus est dans la mauvaise passe économique traversée par le pays, répondent à des objectifs d’image très précis. On comprend mieux, dès lors, la déception présidentielle.

Père Fouettard

Ben Ali, rapporte l’agence de presse Pana,  » a exhorté toutes les parties à assumer leurs responsabilités avec sérieux et détermination « , de manière à ce que les sportifs tunisiens accèdent  » à la hauteur des espoirs  » fondés sur eux. Des propos et un style que ne renierait pas un entraîneur.

Le leader tunisien n’a pas été seul, parmi ses pairs, à endosser la tenue de Père Fouettard cette semaine. En Angola, le ministre des Sports s’est dit, lui aussi,  » très déçu  » par les prestations nationales à Sydney. Il n’en reste pas moins que Ben Ali ne prêche pas par l’exemple : à la différence des athlètes tunisiens, cela fait bien longtemps qu’il n’a pas remis son titre en jeu.