Tuerie de Garissa : les étudiants ne décolèrent pas et accusent le pouvoir

Près de 200 étudiants sont descendus dans la rue, à Nairobi, ce mardi pour protester contre l’incapacité du gouvernement à protéger la population après l’attaque de Garissa, dans l’est du Kenya.

Ils sont toujours en rogne! Au moins 200 étudiants tous vêtus de noir en signe de deuil ont manifesté ce mardi à Nairobi contre l’incapacité du gouvernement kényan à protéger la population. Ils réclament l’amélioration des mesures de sécurité par les autorités. Une pétition réclamant notamment l’amélioration des équipements des forces de sécurité et la création de centres de veille, avec des policiers en alerte 24H/24, a été remise à un représentant de la présidence kényane.

Une manifestation qui intervient au troisième jour du deuil national décrété après le massacre du 2 avril à l’université de Garissa, qui a fait 148 morts, dont 142 étudiants et six membres des forces de sécurité ! L’attaque a été mené par un commando des insurgés somaliens shebab. La police poursuit en attendant son enquête pour faire la lumière sur cette sanglante attaque. Elle a multiplié les arrestations. Un sixième suspect a été interrogé par la police, qui détient désormais cinq Kényans et un Tanzanien, accusés d’avoir aidé le commando ayant mené l’attaque. La justice a prolongé mardi de 30 jours la garde à vue des six hommes.

L’enquête a également permis d’identifier l’un des responsables. Il s’agit d’un jeune Kényan d’ethnie somali, selon les autorités kényanes.Son corps a été retrouvé à l’issue de 16 heures de fouilles, c’est un jeune Kényan d’ethnie somali, diplômé en droit et selon certains témoignages, promis à un brillant avenir. Il s’agit d’Abdirahim Abdullahi, originaire de la région de Mandera, située dans l’extrême nord-est du Kenya, frontalière de la Somalie, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mwenda Njoka. Son père avait signalé aux autorités kényanes la disparition de son fils qu’il soupçonnait de s’être rendu en Somalie. Abdirahim Abdullahi n’avait plus donné signe de vie à ses proches depuis 2013.

Les shebab disent agiren représailles de la présence des troupes kényanes en Somalie, qui les combattent. Le groupe armé a menacé Nairobi, affirmant que le sang continuera de couler au Kenya tant que les troupes kényanes seront présentes en Somalie.