Troussier dit non au Maroc

Philippe Troussier, l’ex-entraîneur du Japon, ne sera pas le prochain sélectionneur des Lions de l’Atlas. Les discussions, engagées depuis quelques mois avec les responsables de la Fédération Royale marocaine de football (FRMF), n’ont pas abouti.

Philippe Troussier, l’homme des défis aurait-il ramolli ? Rien n’est moins sûr. Le  » sorcier blanc « , connu dans le landernau du football pour les nombreux challenges qu’il a su vaillamment relever, vient pourtant de dire non au Maroc. Au chômage depuis son départ volontaire de la tête de la sélection nippone et son échec dans la course à la succession de Roger Lemerre en France, Philippe Troussier suscite la convoitise de bien des employeurs. Il est annoncé partout et nulle part, cité comme futur sélectionneur de l’Algérie, de la Chine, de la Côte d’Ivoire – avant que ne soit nommé Nouzaret. L’ombre de Troussier planait sur toutes les sélections nationales avides de faiseur de miracle.

Dans cette recherche de l’homme providentiel, le Maroc, régulièrement annoncé comme destination probable du technicien français, semblait avoir quelques longueurs d’avance. Eliminés au premier tour lors de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2002, absents de la phase finale de la Coupe du Monde Japon-Corée, abandonnés par leur entraîneur Henri Michel, les Lions marocains voguaient comme un bateau ivre. Pour les dirigeants de la Fédération Royale marocaine de football (FRMF), cette situation ne saurait se prolonger.

Badou Zaki assurera l’intérim

Philippe Troussier, qui connaît bien le football marocain pour avoir passé trois ans sur le banc de touche du FUS, club de première division, est contacté au mois d’avril 2002. A l’époque, il est en charge de l’équipe nationale du Japon et se réserve le droit de répondre à la proposition marocaine à la fin de la coupe du monde. Le président de la FRMF le relance logiquement dès la fin de l’aventure asiatique mais le Français, candidat au remplacement de Roger Lemerre, l’entraîneur des Bleus, reporte encore sa décision.

Le choix de la Fédération française de football s’étant porté sur Jacques Santini, l’ex-coach de l’Afrique du Sud et du Burkina-Faso est cette fois-ci invité officiellement au Maroc pour finaliser le contrat avec la FRMF. Troussier fait le voyage à Rabat, mais ne signe rien. Il argue une maladie au genou nécessitant une opération. Il ne serait de ce fait pas disponible avant décembre.  » Pas de problème « , lui répondent les dirigeants fédéraux,  » Badou Zaki, l’entraîneur adjoint, assurera l’intérim pendant votre indisponibilité « .

Le technicien Français rajoute alors une condition supplémentaire : le droit de se libérer en cas de proposition d’un club européen, ce qui va exaspérer l’équipe de la FRMF. Elle décide de rompre unilatéralement les négociations. Reste une certitude, à quatre jours des éliminatoires de la Can 2004 : Philippe Troussier ne sera pas à Libreville avec les Lions de l’Atlas.