Tripoli pour être honnête

Mardi soir, les ministres des pays concernés sont venus récupérer leurs  » ex-otages de Jolo « , dans la capitale libyenne, Tripoli. Et chacun de se répandre en remerciements pour celui par lequel le miracle est arrivé : le colonel Mouammar Kadhafi. Ce dernier avait bien fait les choses. Une cérémonie théâtrale, où plutôt théâtralisée, avec des symboles on ne peut plus forts. Kadhafi n’a pas fait dans la dentelle. Qu’importe : il veut regagner la confiance du monde entier, et la tâche est ardue.

Mais revenons à nos otages. Les jeunes femmes amaigries et épuisées ont eu à subir interview sur interview, et ont surtout été invitées à visiter religieusement ce qui sert de mémorial anti-américain à Kadhafi. Car celui-ci avait réuni la presse et les officiels dans le quartier de Bab-al-Azizya, bombardé par l’aviation américaine en avril 1986, et laissé en l’état. Un bâtiment à moitié détruit, avec à son seuil une main énorme qui d’un poing vengeur brise en deux un avion américain. Voilà pour le symbole.

Après ce succès diplomatique, Dieu est avec Mouammar. En effet, un ressortissant américain est venu il y a quelques jours grossir les rangs des otages encore retenus aux Philippines. Le malheur des uns… Car si la Libye réussit à le faire libérer lui-aussi, elle aura l’Amérique à ses pieds.

Cynique et manipulateur, Kadhafi s’est payé le luxe de ne pas montrer le bout de sa chechia lors de ce cérémonial qu’il a lui-même orchestré. Croyez-le si vous voulez, le Guide a le succès modeste.