Tripoli indemnise dans la discrétion

Le gouvernement libyen aurait proposé de payer 2,7 milliards de dollars pour indemniser les familles des victimes de l’attentat de 1988 contre un avion de la PanAm au-dessus de Lockerbie en Ecosse. Soit 10 millions par victime. Tripoli assure qu’aucun accord n’a été conclu mais que les négociations sont en cours.

La Libye cherche désespérément à gommer son image d’Etat soutenant le terrorisme. Pour tourner la page des années 80, Tripoli aurait proposé de payer 2,7 milliards de dollars pour indemniser les familles des victimes de l’attentat de 1988 contre un avion de la PanAm au-dessus de Lockerbie en Ecosse.  » Après dix mois de négociations difficiles et complexes à New York, Londres et Paris, nous avons finalement obtenu une offre de règlement de la Libye que nous vous recommandons. La Libye a offert de verser 10 millions de dollars pour chacune des 270 victimes, soit au total 2,7 milliards de dollars « , a écrit, selon l’Afp, l’avocat new-yorkais James P. Kreindler dans une lettre aux familles des victimes.

Selon l’avocat, 40% de l’argent serait versé lorsque les Nations Unies lèveront leurs sanctions contre la Libye. 40% seraient versés à la levée des sanctions commerciales américaines, et les 20% restant lorsque la Libye serait retirée de la liste des Etats soutenant le terrorisme international établie par le département d’Etat.

Négocier le retrait de la liste noire

Dans un premier temps, Tripoli a commencé par démentir tout accord avec les familles de victimes avant de reconnaître que des négociations sont en cours. Le porte-parole du Département d’Etat a par ailleurs indiqué qu’une rencontre entre officiels américains et libyens se tiendrait la semaine prochaine à Londres. Le gouvernement britannique a également évoqué une réunion à Londres début juin. Une initiative saluée par Colin Powell comme une avancée dans les relations tumultueuses entre les Etats-Unis et la Libye.

L’attentat de Lockerbie, attribué aux services de renseignement libyens, avait eu lieu le 21 décembre 1988. Une bombe avait explosé à bord d’un avion de la PanAm qui effectuait la liaison Francfort-New York, alors qu’il survolait Lockerbie, en Ecosse. 259 passagers et membres d’équipage ainsi que 11 personnes au sol avaient été tués. Très vite, les enquêteurs sont remontés jusqu’aux services secrets libyens.

La Libye a livré deux suspects, jugés par un tribunal écossais aux Pays-Bas. L’un d’eux, Abdel Basset Ali al-Megrahi, a été jugé coupable en janvier 2001 et condamné à la prison à perpétuité et le deuxième suspect, Amine Khalifa Fhimah, avait été acquitté.