Tribudom invite les jeunes et le cinéma au musée

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Révolution, voile, nature. Des thèmes d’actualité que des jeunes issus de quartiers dits « sensibles » en banlieue parisienne ont abordé dans des courts-métrages développés grâce au collectif de cinéastes Tribudom. Le collectif, qui pilote en France le projet Breaking into the Museum (« A l’assaut du musée ») a permis à douze adolescents de produire chacun un court-métrage en s’inspirant d’une collection de musée. Il a travaillé avec l’association Manifesta qui a mené en 2010 le projet à Londres.

Tribudom.jpgFaire découvrir le patrimoine français aux jeunes des quartiers dit « sensibles ». L’idée du projet européen Breaking into the Museum est d’inciter les jeunes issus de milieux défavorisés à aller au Musée, un lieu qu’ils ne fréquentent pas forcément. Le collectif de cinéastes Tribudom, qui pilote le projet en France, a sélectionné douze jeunes qui ont chacun réalisé un court-métrage d’une à trois minutes. Dans le cadre d’un atelier de cinq jours, chaque jeune choisit une pièce de collection et la réinterprète pour produire un film. Pour Christian Gros, chargé du programme culturel du Musée Carnavalet à Paris, où les 12 courts-métrages ont été projetés pour la première fois le 27 avril dernier, il s’agit de « dépoussiérer les lieux ». La présence de ces jeunes dans un tel endroit atteste que « le musée n’est pas un lieu mort, vidé de sens » ajoute-t-il. Pour Colin Prescod, co-fondateur avec Marion Vargaftig de l’association londonienne Manifesta et du projet Breaking into the Museum, ces adolescents apportent « un regard vrai et neuf sur le patrimoine ».

Une expérience inédite

En France, les douze cinéastes en herbe ont consacré une partie de leurs vacances de Pâques à concevoir leurs courts-métrages. La tâche a été délicate pour Louise Orry-Dicquero, une des heureuses élues, qui confie qu’ils étaient parfois « trois sur un ordinateur » et, qu’en dépit d’une bonne ambiance, il lui est arrivé de se dire que jamais elle n’y arriverait. « Mais je suis contente au final », dit-elle. Elle a réalisé You Make it qui plonge le spectateur dans univers empreint de nostalgie et d’amour. Elle a été inspirée par une statuette des Anges de l’amour.

Les douze œuvres produites sous la houlette de Tribudom sont ancrées dans le quotidien et poétiques. Comment ne pas penser aux révolutions qui secouent les pays du Maghreb et du Moyen-Orient à la vue de Mon nom est révolution d’Alice Lelièvre. Le court-métrage a en effet été réalisé dans la foulée de la Révolution de Jasmin. Ce sont les révolutionnaires français Danton et Robespierre qui ont inspiré l’adolescent. Dans Mon cadre à dorer Fatoumata Hajjar traite du thème de la nature. Le jardin du musée Carnavalet est à ses yeux une véritable collection de musée, au même titre que les tableaux qui y sont exposés. Mélèze Bouzid a choisi un sujet plus sensible avec Différentes? où elle décide de montrer les portraits souriants de femmes portant le voile islamique. La jeune femme a bâti sa réflexion sur la déclaration de 1789 des droits de l’Homme et du citoyen. Plus légère est la gracieuse et sensuelle chorégraphie exécutée par Maëva Andrieux dans son Chimère. Une idée qui lui est venue à la vue d’un des portraits de Madame Récamier (François Gérard). Christian Gros estime qu’« ils ont pu montrer chacun un côté différent, ludique, romantique ». Pour Leslie Mbani Onka, « c’était intéressant d’apprendre quelque chose que je n’avais jamais fait. On a filmé des tableaux et puis l’idée est venue toute seule.»

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« Breaking into the Museum » est un projet de sensibilisation à la culture française des jeunes issus de quartiers défavorisés dont les produits, les courts-métrages, sont aussi un reflet des questions de société en France. Le projet a bénéficié du soutien de la Fondation européenne de la culture et du Label Paris-Europe de la Mairie de Paris

 Voir des vidéos sur le site de Manifesta

Le film sera projeté le lundi 30 mai 2011 de 18h30 à 21h30
à l’Auditorium de la Ville de Paris 5 rue Lobau 75 004 Paris.