Traqueurs d’abalones, une vie dans la mer

L’abalone est une mollusque que l’on trouve principalement dans les littoraux de Californie, d’Australie et d’Afrique du Sud. Au pays Arc-en-Ciel, il s’agit d’une espèce protégée autour de laquelle rodent braconniers, businessmans et gangsters…

En Afrique du Sud, piller la mer équivaut à être un criminel. La police sud africaine est mal payée. Là-bas c’est le crime qui paie, la chasse aux braconniers est donc monnaie courante. L’ormeau, appelé aussi abalone ou oreille de mer, est une espèce protégée et très prisée des pilleurs. La traque aux braconniers d’abalones est l’un des objectifs premiers des forces de l’ordre et de temps à autre des saisies exceptionnelles sont effectuées, surtout depuis la création de l’opération « Neptune » uniquement dédiée à cet effet. Pourtant, beaucoup de policiers acceptent les pots de vin liés à cette activité, tellement le marché rapporte gros.

Ils sont pères de famille, sans emplois ou déscolarisés… Tous ont une histoire différente et pourtant deux choses les lient : le sentiment d’abandon et la chasse illégale d’ormeaux. Une activité bien rodée ou chacun trouve sa place. Il y à les pêcheurs, qui ramassent la plus grosse somme, jusqu’à 30 euros par kilo, ce qui représente un paquet d’argent pour une seule journée de travail. Les estafettes, transporteurs – guetteurs, gagnent en moyenne 7 à 8 euros par kilo. Et les conducteurs remportent, quant à eux, 1,5 à 2 euros. Si l’un deux se fait prendre, c’est la prison qui l’attend. Beaucoup d’enfants quittent l’école pour rejoindre le circuit car ils savent très bien qu’au final ils seront relâchés.

Ainsi, lorsque la mer est calme, des centaines de plongeurs sont sous l’eau et arrachent des rochers de ce trésor de la mer. Et il n’est pas difficile de trouver des ormeaux. Partout où il y a des zostères, leur nourriture préférée, on rencontre des oreilles de mer. Pour leur défense, tous accusent le système de les avoir abandonnés, affirmant que le braconnage est la seule issue à leurs problèmes.

Les Chinois bien présents, les gangsters veulent leur part

On trouve principalement des abalones sur les côtes californiennes et australiennes, mais celles d’Afrique du Sud peuvent atteindre une taille de 30 cm. C’est la raison pour laquelle les oreilles de mer sud africaines sont très demandées par les Chinois qui importent la marchandise chez eux et vers le Japon où l’abalone est un produit très apprécié des tables chics. Ils en sont les premiers consommateurs, avant la Corée, l’Europe, les Etats-Unis, Singapour et Hong Kong.

Mais depuis quelques temps les gangs s’intéressent de très près à cette mollusque. Ils sont les derniers incrustés dans un business fleurissant. Peu nombreuses sont les personnes qui osent en parler. Certains ont été tués par des gangsters tellement leur langue pendait. Les témoins non plus ne sont pas épargnés. Sa perle et sa nacre sont l’une des raisons de sa surexploitation. Le trafic d’ormeaux se marie parfaitement à celui de la drogue. Il rapporte gros. Ce commerce intensif a entraîné sa disparition sur une grande partie des littoraux.

L’Afrique du Sud a élevé les peines pour les pilleurs d’abalones. Pour le gouvernement, c’est le seul moyen d’endiguer cette criminalité. Mais la ruée vers l’or pourrait très prochainement se terminer, faute de trésor. Si le braconnage ne cesse pas, le problème se résoudra de lui-même. De manière brutale, car les abalones d’Afrique du Sud auront alors été toutes exterminées.