Trafic de faux billets de train en France : un réseau congolais démantelé

Quatre Congolais, auteurs d’une fructueuse arnaque au billet de train, viennent d’être arrêtés par la police des transports. Le montant du préjudice financier s’élève à 300 000 euros.

Par Anna-Alix Koffi

L’Europe à partir de Paris pour 40 euros, qui dit mieux ? C’est le prix alléchant que proposait un réseau de Congolais jusqu’à la semaine dernière et tout juste démantelé par le Service régional de police des transports (SRTP). Ils revendaient des billets de trains allemands falsifiés à 20 euros pour toute destination nationale, et à 40 euros pour les villes d’Europe.

« Les quatre hommes formellement identifiés sont de nationalité congolaise ou Français d’origine congolaise », a déclaré à Afrik Frédéric Dupuch, sous-directeur du SRTP à la préfecture de Paris, en précisant qu’il reste encore des membres à appréhender. Prévenu début août par des contrôleurs de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), la SRTP a remonté la filière pour arrêter finalement le faussaire et ses trois revendeurs qui sévissaient depuis l’été 2004. « Les contrôleurs ont remarqué une recrudescence de ces billets. Ils ont alerté la Surveillance générale de la SNCF qui a sensibilisé les employés et nous en a informé. Très vite, deux personnes en possession de ces billets ont été contrôlées et envoyées à nos services ».

Les rois de l’arnaque

Les malfaiteurs avaient scannés un billet de train émis en Allemagne qu’ils avaient déjà reproduit à 22 000 exemplaires au moment de l’arrestation. C’est en allemand qu’ils reportaient ensuite les numéros de réservation et autres coordonnées sur les nouveaux billets. Les contrôleurs, qui ne comprenaient pas toutes les informations, vérifiaient juste que les dates, numéros de place et de wagon correspondaient bien. Le faussaire vivait à Nanterre, en banlieue parisienne. « On a trouvé tout le matériel informatique dans son appartement. Sa femme a avoué qu’il travaillait parfois très tard dans la nuit », rapporte M. Dupuch.

Des feuilles de commandes comptaient parmi les pièces à conviction, « les revendeurs prospectaient les clients pour imprimer les destinations à la demande. Les billets imprimés et les planches de billets vierges ont été saisis sur le lieur de travail du faussaire ». 2 000 billets ont été déjà vendus. Sans l’intervention de la SRTP, le butin aurait pu s’élever à 300 000 euros. Alors que les utilisateurs des billets ne risquent qu’une amende, les quatre escrocs encourent cinq années de prison. Le sous-directeur de la STRP a affirmé que les falsifications de billet étaient fréquentes, parfois de manière grossière. Le crime était cette fois presque parfait, mais les faussaires ont été trahis par l’appât du gain.