Trafic de carburant vers le Maroc : l’Algérie resserre l’étau

L’Algérie a annoncé de nouvelles mesures pour contrer le trafic de carburant vers le Maroc qui ne cesse de croître. Alors que l’Algérie creuse des tranchées le long de la frontière, le Maroc érige de son côté une clôture.

Près de 500 000 litres de carburant algérien destinés à l’exportation frauduleuse vers le Maroc ont été saisis entre janvier et juillet 2014 par la gendarmerie algérienne, contre 320 000 litres pour la même période en 2013, rapporte l’APS. Les contrebandiers parviennent à traverser la frontière terrestre entre ces deux pays pourtant fermée depuis 1994.

Pour lutter contre ce trafic très lucratif, les autorités algériennes ont creusé des tranchées et érigé des obstacles le long de la frontière. De leur côté, les autorités marocaines ont annoncé, en juillet, la construction d’une clôture à la frontière avec l’Algérie d’une longueur de 1 500 km. Cette barrière, équipée de capteurs électroniques, vise à protéger le royaume contre les menaces terroristes, selon le ministre marocain de l’Intérieur, Mohamed Hassad. Mais cette barrière devrait par la même occasion ralentir les activités de contrebande entre les deux pays.

Pénurie à l’extrême ouest algérien

Mais face à ces nouvelles mesures, les contrebandiers n’hésitent pas à utiliser des baudets et des madriers ou à détruire les obstacles dressés sur leur chemin.

L’Algérie, pays producteur de pétrole, vend le litre de gasoil à la pompe 0,13 euro et 0,20 euro le litre d’essence, contre 0,87 euro et 1,37 au Maroc. Cette différence permet aux trafiquants de réaliser d’importants bénéfices mais provoque parallèlement des pénuries dans les villes de l’extrême ouest algérien, selon l’APS. Des perquisitions sont menées dans ces localités par les gendarmes algériens afin de saisir les quantités de carburant prêtes à être livrées au Maroc.