Trafic d’ivoire au Gabon : un sous-préfet en prison


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Impliqué dans le trafic illégal d’ivoire depuis un certain temps, le sous préfet du district de Bolossoville, au nord du Gabon, Athanase Edou Mebiame a été interpellé le 2 mars par les forces de l’ordre, selon un communiqué des ONG Conservation Justice et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF).

(De notre correspondant)

L’argent que gagnait M. Edou Mebaime en tant que représentant de l’Etat au district de Bolossoville n’était peut-être pas suffisant pour lui permettre de satisfaire tous ses besoins. Il s’est donc imaginé un moyen rapide pour augmenter ses gains. Il s’est ainsi lancé dans le commerce illicite d’ivoire, formellement interdit au Gabon, mais c’était sans compter sur la vigilance des éléments des eaux et forets et des forces de l’ordre, qui travaillent ensemble pour la préservation des espèces protégées et la lutte contre le trafic d’ivoire.

Le sous préfet arrêté jouait un rôle majeur dans le trafic d’ivoire et l’abattage à grand échelle des éléphants au Gabon. Selon un communiqué des ONG Conservation Justice et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), c’est lui qui fournissait armes et munitions aux braconniers et assurait également avec son véhicule de fonction, le transport d’ivoire jusqu’au Cameroun voisin.

« Le suspect a avoué à la police qu’il était impliqué dans l’abattage d’éléphants et le commerce illégal d’ivoire et qu’il utilisait les biens publics pour s’enrichir personnellement », soulignent les responsables d’ONG. M. Edou Mebiame aurait demandé pardon pour sa participation directe au braconnage. Malgré ses aveux, il est resté aux mains de la police et devrait être présenté au tribunal dans les prochaines heures.

« Le fait qu’une autorité officielle est impliquée dans le trafic d’ivoire montre l’importance de la corruption dans le trafic d’ivoire, qui pille le Gabon de son héritage naturel », a souligné Luc Mathot, président de Conservation Justice. « Ceux impliqués dans cette activité criminelle doivent être condamnés avec l’application de la loi dans toute sa rigueur », a renchéri Bas Huijbregts, chef de la branche Afrique centrale pour le WWF.

Rappelons qu’il y a deux semaines, les responsables des ONG Conservation Justice et le WWF ont lancé une pétition internationale a Libreville, afin d’inviter les populations d’Afrique centrale à participer massivement à une vaste campagne de lutte contre le commerce illégal d’ivoire. L’objectif était également d’amener les pays d’Asie du sud, notamment la Thaïlande à abolir la loi qui autorise encore « le juteux » commerce d’ivoire dans ce pays.

Selon une enquête indépendante, le Gabon a perdu 11 000 éléphants dans ces forêts depuis 2004, à cause du braconnage. La situation est presque identique dans les autres pays de la sous région d’Afrique centrale.

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