Tour d’horizon de l’impact des inondations en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, la saison des pluies 2009, qui doit encore durer quelques semaines, a provoqué des inondations étendues, qui ont affecté des centaines de milliers d’habitants et tué 160 personnes, d’après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires. Voici un tour d’horizon de l’impact de ces inondations et des réponses apportées dans différents pays d’Afrique de l’ouest.

Burkina Faso

Au Burkina Faso, au moins 100 000 personnes sont actuellement déplacées, dont plus de 40 000 sont hébergées dans 88 sites – des écoles dans la majorité des cas – à Ouagadougou, la capitale, les autres vivant chez des amis ou des proches, d’après la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Le Premier ministre a annoncé le 9 septembre que l’école reprendrait comme prévu le 1er octobre, et que des abris provisoires seraient mis en place pour les personnes qui en auraient encore besoin.

Mahamadi Sawadogo, un des 2 000 déplacés vivant dans le Lycée Vénégré à Ouagadougou, a dit à IRIN : « Les autorités doivent nous aider à trouver des terrains et à évacuer les écoles pour permettre à nos enfants de reprendre les cours, car la rentrée d’octobre se rapproche ».

D’après les organisations humanitaires, suite à un appel du gouvernement le 7 septembre, le pays est en train de recevoir une aide financière. La Côte d’Ivoire a fait don d’un million de dollars. L’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) donne deux millions de dollars, qui permettront principalement au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et au Programme alimentaire mondial (PAM) de distribuer de la nourriture, des médicaments essentiels et des moustiquaires, et à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de réhabiliter de petites fermes endommagées par les inondations. Le PAM a annoncé, le 8 septembre dernier, qu’il fournirait une aide alimentaire d’urgence à 125 000 victimes.

La FICR distribue des couvertures, des moustiquaires et des bâches en plastique à 40 000 familles parmi les plus vulnérables.

Suite à une demande des autorités, des membres de l’Equipe des Nations Unies pour la coordination et l’évaluation des catastrophes (UNDAC) sont arrivés à Ouagadougou le 4 septembre pour évaluer les besoins urgents. Les Nations Unies ont lancé le 11 septembre un appel (« Flash appeal ») de plus de 18 millions de dollars.

Sénégal

Plus de 100 000 habitants ont été touchés dans les banlieues de Dakar, la capitale, ainsi que dans d’autres régions. D’après OCHA, les villes de Mbour, au sud de la capitale, Kaolack dans l’ouest du pays et Saint-Louis dans le nord ont notamment été touchées. Pikine, dans la banlieue de Dakar, est la zone qui a subi le plus de dégâts : 15 de ses 16 quartiers ont été inondés.

Le gouvernement a lancé un plan de réponse d’urgence à la fin du mois d’août, appelant les acteurs publics, privés et non gouvernementaux à intervenir.

La FICR a lancé un appel à contribution de deux millions de dollars, et a collaboré avec la Croix-Rouge sénégalaise pour distribuer des moustiquaires, des couvertures, des jerricans, des comprimés de purification de l’eau et du savon à 5 000 familles. En parallèle, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé le 11 septembre qu’elle apporterait 167 000 dollars de contribution au financement de la réponse.

Les agences des Nations Unies participent à hauteur de 540 000 dollars, en fournissant du matériel médical et non médical, ainsi qu’une aide sur le plan de la logistique et de la coordination.

Guinée

D’après OCHA, de fortes pluies ont frappé Conakry, la capitale, et la ville de Kindia dans l’ouest du pays, faisant 15 000 victimes. Un certain nombre d’organisations humanitaires, parmi lesquelles les Sociétés de la Croix-Rouge danoise et guinéenne, ont contribué à la réponse locale en améliorant l’accès aux installations sanitaires et en distribuant des produits de première nécessité tels que de l’eau potable.

Niger

Selon OCHA, des inondations à Agadez, dans le nord du pays, ont touché 16 000 familles et forcé de nombreux déplacés à trouver refuge dans des écoles et d’autres bâtiments publics.

Le gouvernement a mis en place un comité de gestion des inondations à Agadez, afin de faciliter la communication et la distribution des aides, et de mieux répondre aux besoins en termes de nutrition, de santé et d’hygiène.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a annoncé le 9 septembre qu’il fournirait 200 000 dollars pour aider à financer la reconstruction de la ville.

Tchad

De graves inondations ont frappé l’ouest du Tchad en août dernier, faisant plusieurs morts à Bongor, la capitale de la région du Mayo Kebbi, d’après la FICR. Cette organisation estime que le pays compte environ 175 000 personnes affectées, et que 1 000 familles ont besoin de recevoir une aide d’urgence.

Mauritanie

Le 9 septembre, le gouvernement estimait qu’environ 3 000 habitants avaient été déplacés par les inondations à Nouakchott, la capitale, et dans la ville de Rosso, située à la frontière sud avec le Sénégal.

« Nous nous enfoncions dans l’eau ; nos maisons sont détruites », a dit à IRIN Embarka Mint Warzek, du district de Dar Naime, à Nouakchott.

Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, le Premier ministre, a promis d’approvisionner les déplacés en eau potable. Le PAM a fourni une aide alimentaire à 11 500 habitants de Rosso.

L’UNICEF collabore avec la compagnie nationale des eaux pour installer des pompes hydrauliques, tandis que le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a distribué 1 350 conteneurs d’eau. L’UNICEF et l’UNHCR ont annoncé qu’ils fourniraient des matériaux pour reconstruire des toilettes.

Sierra Leone

A Freetown, la capitale, les inondations de la fin du mois d’août ont fait quatre morts, d’après le gouvernement. Mary Kamara, directrice de la gestion des catastrophes au Bureau de la sécurité nationale, a déclaré que le gouvernement fournissait des produits de première nécessité aux familles déplacées. La Croix-Rouge apporte également de l’aide.

Nigeria

L’Agence nigériane de gestion des urgences (NEMA) a rapporté que les inondations de la fin août avaient affecté 150 000 personnes et fait des dizaines de milliers de déplacés dans le nord du pays. Les zones les plus touchées sont les Etats de Kaduna, Gombe, Niger, Benue, Adamawa, Nassarawa, Zamfara, Sokoto et Jigawa, ainsi qu’Abuja, la capitale.

« D’après les rapports que nous avons reçus jusqu’à présent, les inondations […] ont submergé des villages entiers et dévasté des cimetières », a dit à IRIN Muhammad Audu Bida, directeur général de la NEMA, avant d’ajouter : « Notre consolation, c’est qu’aucune vie n’ait été perdue ».

De fortes pluies ont inondé Apa, une zone de l’Etat de Benue, dans le centre du Nigeria, pour la deuxième fois en 40 ans, poussant des milliers d’habitants à s’abriter dans les écoles publiques, a raconté M. Bida.

Rabe Muhammad, de la ville de Talata Mafara dans l’Etat de Sokoto, a dit à IRIN : « Nous avons perdu tout ce que nous avions… Nos principales préoccupations sont de trouver un moyen de nourrir nos familles et de reconstruire nos maisons, car nous avons perdu à la fois nos maisons et nos cultures ».

Dans l’Etat d’Adamawa, dans le nord-est, les autorités tentent d’enrayer une épidémie de choléra, qui a déjà fait 70 morts, a dit à IRIN Aliyu Sambo, coordinateur de la NEMA pour le nord-est du Nigeria. « Notre priorité est de maintenir l’assainissement et d’éviter les épidémies dans les sites où sont hébergés les déplacés ».