Tougani Virginie habille les mariées

Une des créations Tougani Virginie

Deuxième prix Jeune créateur en 2003 au Festival international de la mode africaine au Niger, Afrik a voulu savoir ce qu’était devenue, deux ans après, la talentueuse styliste capverdienne Tuga. Progressant dans son art, elle a désormais pignon sur rue. Elle a fusionné sa griffe avec celle d’une créatrice camerounaise, avec laquelle elle partageait le même univers, pour créer Tougani Virginie. Elles ont ouvert en juin dernier à Paris, leur propre boutique. Une adresse spécialisée dans les robes de mariée.

Tougani devient Tougani Virginie. Honorée du deuxième prix Jeune Créateur du Festival international de la mode africaine (Fima) en 2003 au Niger, la créatrice capverdienne Tuga a résolument continué sa route. Quand Afrik a voulu savoir ce qu’elle devenait, nous avons découvert qu’elle avait ouvert sa propre boutique en plein Paris. Et que Tougani, sa griffe, était devenue Tougani Virginie. Elle a en effet fusionné sa marque avec Corestine Virginie, une amie styliste camerounaise, avec qui elle faisait route ensemble, mais séparément. Développant toujours le même univers métissé, les deux créatrices, complémentaires, ont choisi l’univers de la robe de mariée pour exprimer leur talent.

« Avoir la chance d’être remarquée au Fima m’a permis d’avoir d’intéressantes retombées presse. Ça m’a donné l’expérience des grands événements, explique Tuga. Mais depuis j’ai fait beaucoup de chemin. » Car aujourd’hui, elle travaille en binôme avec Corestine Virginie, une amie styliste. Car aujourd’hui, elle habille essentiellement les futures mariées pour le jour J. « J’en suis venue à travailler avec Corestine (qui avait déjà sa propre société, ndlr), parce que nous avions l’habitude de nous soutenir mutuellement, de donner notre avis sur les créations de l’autre. Et puis nous sommes financièrement plus fortes à deux », explique-t-elle. « Ça s’est fait petit à petit », renchérit Corestine. Rien à craindre quant à la confrontation de leur ego créatif respectif. Il y a entre elles un profond respect et une réelle écoute propice à un bon travail d’équipe. « Je n’ai pas l’impression d’avoir renoncé à mes inspirations créatrices, explique Corestine. Je continue à m’exprimer et à faire ce que j’aime. Je ne pourrais pas faire des choses qui ne me ressemblent pas et dont je ne puisse pas être fière. » Tout comme Tuga.

Travailler sur une robe de mariée c’est entrer dans une part de rêve

C’est pour répondre à une demande que les deux créatrices ont commencé à réaliser des robes de mariées. Tuga, qui a toujours chéri l’élégance et le souci du détail dans ses anciennes créations, y prend goût. « Vous n’avez plus le même rapport avec les clients, c’est plus chaleureux, plus intime. Vous rentrez dans une part de rêve et vous partagez une partie du bonheur de l’autre », analyse-t-elle. Etre belle à son mariage est assurément le souci majeur de toute future mariée. Aussi, elle peut compter sur l’attention des deux créatrices qui travaillent à la commande et uniquement sur rendez-vous. « Nous leur accordons toute notre attention. Nous parlons beaucoup avec la cliente pour saisir ce qu’elle cherche exactement. Même si nous avons un book, nous nous adaptons entièrement à toute demande », explique Corestine. « Pour peu que nous nous sentions de le faire. Nous n’allons pas faire quelque chose où nous n’allons prendre aucun plaisir, ajoute Tuga. Nous avons décidé de nous donner le choix. Nous ne sommes pas des commerçantes mais des artistes qui essaient de faire partager leur amour de l’art ».

Le bouche-à-oreille est efficace. Et plus de 9 clientes sur 10 décident de leur faire confiance à l’issue de l’entretien individualisé. « Et elles ne sont jamais déçues », affirme Tuga dans un sourire. « Certaines ont les yeux qui brillent en se voyant dans la robe. D’autres ne veulent même plus l’enlever », témoigne Corestine. Et les compliments pleuvent souvent. Des paroles qui vont droit au cœur. « Vous m’avez rendue belle » ou « C’est mieux que dans mon rêve » ou encore « Je n’aurais jamais imaginé que j’aurais pu être aussi belle ». « Nous avons toujours une émotion en voyant le résultat de notre travail », explique Tuga.

6 mois de confection pour une œuvre unique

Mais que reste-t-il de l’esprit de métissage développé par Tuga au Fima en 2003 ? « Il y a moins de métissage de couleur, parce que les couleurs restent assez conventionnelles pour les mariages. Mais on peut toujours faire des métissages de matières. Comme utiliser du basin ou des saris. C’est toutefois dans les robes cocktail qu’on reconnaît surtout notre patte, commente l’intéressée. Nous avons notre book pour les robes de mariée, mais nous pouvons travailler par rapport à un thème précis. »

Des créations originales, glamour, romantiques et épurées qui peuvent, les deux créatrices en sont conscientes, ne pas plaire à tout le monde. « On ne peut pas correspondre à tout le monde. Les gens qui n’apprécient pas l’originalité que l’on développe ne feront simplement pas partie de notre clientèle ». Tuga estime que leur personnalité créatrice constitue plus un atout qu’un frein. Celles que l’on peut considérer comme de véritables artisans couturiers aiment profondément leur travail. Il faut en moyenne 6 mois pour la confection d’une robe. « De la toile à la robe, il y a entre 5 et 6 essayages », explique Corestine. Côté prix, il vous faudra compter entre 1 300 et 2 500 euros pour une pièce unique pour s’apprêter à dire oui pour la vie.

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 Tougani Virginie

23, rue Faidherbe

75011 Paris

Tél. : 01 43 56 82 20

M° Faidherbe Chaligny ou Charonne

Du mardi au samedi : 11h-19h sur rendez-vous