Togo, une nation Debbasch

“ Charles Debbasch a un contrôle total sur l’Etat togolais, et est protégé de jour comme de nuit par l’armée car, sans cette protection, les Togolais le tueraient à vue” . L’opposant Harry Olympio avait, en 2005, dit tout haut ce qui se murmure encore aujourd’hui au Togo. Surtout après le gangstérisme électoral du 4 mars derrière lequel les Togolais voient sa main satanique. Même son de cloche, mais plus amère,chez un autre responsable politique : « si c’est la France qui a prêté Debbasch au RPT pour une mission, il est temps qu’elle reprenne son éminent envoyé au risque de se voir expédier ses cendres un jour ». La haine est bien à la dimension du diable que Debbasch représente pour les Togolais. Un homme, disent-ils, qui voue toute son existence au triomphe des mauvaises causes. Alpha Omar Konaré l’a appellé : le mercenaire en col blanc.

Tellement ce Français est artificieux et irrévérencieux pour toute règle établie qu’il n’y a pas beaucoup d’africains qui le respectent. Même chez lui en France, le professeur répugne. Il est quasiment impossible de trouver un seul journal qui consacre des termes vertueux a celui qui pourtant fait figure d’un spécimen du parfait professionnel de la françafrique. Faux, usage de faux, escroquerie, mercenariat en col blanc, blanchiment d’argent, tripatouillage légal, pillage de biens d’autrui, association de malfaiteurs, surfacturation : voilà les mots qui abondent à son sujet dans la presse hexagonale et internationale.
C’est ce vampire blanc, partout persona non grata – il est sous mandat d’arrêt international pour l’affaire de la Fondation Vasarely – qui a réussi à tisser son nid au sommet de l’Etat togolais.

Un Génie retors…

Bardé de ses attributs de Ministre-Conseiller à la Présidence de la République, le malfaiteur français en cavale instigue et supervise les crimes répétés du régime RPT contre le peuple togolais. L’homme radié des milieux universitaires et du barreau de Paris pour moralité douteuse devient faiseur de loi et de roi au Togo. La justice du pays dépend de ses ordres et la constitution de son bon plaisir. Il les modifie chaque fois que ses employeurs le lui demandent. Republicoftogo.com, le site officiel de l’Etat, est devenu le blog personnel du truand à l’imagination fumeuse.

Il y dépose régulièrement, à sa convenance, d’insupportables prises de position sous le pseudo de Kofi Souza. Ainsi, le RPT préfère recycler, à prix d’or, un paria venu de France que de se fier à l’opinion souveraine du peuple qu’il gouverne. « Qui se ressemble, s’assemble » : ceci explique peut-être cela. Mais le fait qu’un tel individu ait pu établir sa zone de confort au centre de l’Etat est outrageant et justifie les incessants appels des Togolais à le voir disparaître « mort comme vivant ».

…….qui en dit long sur les pratiques du pouvoir

A l’annonce de la mort d’Eyadéma en 2005, Debbasch, le pêcheur en eau trouble était rentré précipitamment offrir ses services. Les frontières du Togo officiellement fermées, l’avion qu’il partageait avec le président de l’Assemblée nationale togolaise, Fambaré Natchaba, était détourné sur le Bénin.

Pourtant, le lendemain, Debbasch était à Lomé. Le President de l’Assemblée nationale qui, selon la Constitution, devait diriger le pays en cas de vacance du pouvoir, n’a pas bénéficié du même passe-droit. En retenant la légalité derrière les frontières pour ouvrir les portes à la perversité, le RPT avait engagé le pays dans une impasse qui aboutira, quelques mois plus tard, au massacre de plus de 500 protestataires lors de l’élection présidentielle.

Debbasch, l’espèce double, le prof qui enseigne le droit tout en pratiquant la négation de sa matière. Pour lui, il n’y a que l’argent qui compte. Peu importe la source et les effets collatéraux de son gain. Ceux qui l’ont côtoyé confient avoir découvert en lui une conscience totalement éteinte possédée par les démons du péculat et du non-conformisme. Interrogé sur les motivations d’une relation aussi insolite et de surcroît dommageable pour le Togo, l’employeur du mercenaire français, Faure Gnassingbé, ne trouvera rien d’intelligible à dire que de contrarier grossièrement la réalité : « il n’est pas dans les conceptions africaines de se débarrasser d’un ami qui vous est resté fidèle depuis longtemps ».

Cette justification est trop bancale pour répondre à la sagesse africaine. C’est par contre un aveu méprisant dont l’indécence indispose. Les Togolais, largement hostiles aux “debbascheries” qui ont force de loi dans leur pays, doivent finir d’avoir peur de prendre en main leur destinée. C’est à eux de déterminer, d’une manière ou d’une autre, jusqu’où le tristement célèbre Professeur de Droit ne doit pas aller trop loin?

Kodjo EPOU

Washington DC, USA.