Togo : une centrale thermique pour en finir avec le délestage

Dans la zone portuaire de Lomé, une nouvelle centrale thermique vient de voir le jour. Inaugurée en grande pompe par le chef de l’Etat et dotée d’une capacité de 100 mégawatts, elle a été financée et construite par la société américaine Global Contour. Equipée de six moteurs, cette infrastructure devrait ainsi permettre de mettre fin aux périodes de pénuries d’électricité que le pays connait depuis 2006. Et même de produire suffisamment d’énergie pour permettre au Togo d’en vendre aux pays voisins également confrontés au problème de pénurie d’électricité.

Fini le délestage ! C’est du moins la promesse qu’a émise le ministre togolais des mines et de l’énergie, Dammipi Noupokou, lors de l’inauguration, le 15 octobre, de la nouvelle centrale thermique d’une capacité de 100 MW. Le préfet du Golfe, Koffi Mélébou, était du même avis : « avec cette centrale, fini les effets néfastes du délestage et ses répercussions sur l’économie du pays », a-t-il affirmé. Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, s’était également déplacé dans la zone portuaire de Lomé pour lancer l’un des six moteurs de marque Wärtsilä, capable de produire annuellement 780 GWh. Coût total de l’investissement : 192,4 millions de dollars (soit environ 87 milliards de F.CFA). Le projet est financé en grande majorité par la société américaine GlobalContour. Les objectifs sont clairs : accéder à une autonomie énergétique et minimiser le coût d’accès à l’électricité des citoyens.

Si le pari est gagné, la crise énergétique que connait le Togo depuis 2006 appartiendra au passé. Jusqu’ici, le Togo dont les besoins sont estimés à 133 MW aux heures de grandes consommations, dépend essentiellement des importations venant du Ghana limitrophe et de la Côte d’Ivoire. A lui seul, le pays ne produit que 15% de sa demande nationale. Et les besoins croissants du Ghana et la baisse du niveau d’eau au barrage d’Akossombo (situé au Ghana) imposent parfois au Togo des pénuries d’énergies de l’ordre de douze heures par jour. « La mise en service de cette centrale va permettre de contribuer à améliorer la qualité de l’ensemble du réseau électrique interconnecté de la zone A du West African Power Pool comprenant le Nigeria, le Bénin, le Ghana, la Côte d’Ivoire et bien sûr le Togo », a déclaré Dammipi Noupokou.

Un problème régional

Le surplus est justement destiné à être vendu aux pays voisins qui connaissent également des problèmes dans la fourniture de l’énergie électrique. Au démarrage, cette centrale est prévue pour fonctionner au fuel lourd ou au gazole. Elle pourra basculer vers le gaz naturel une fois que le pays sera connecté au gazoduc de l’Afrique de l’Ouest. A ce sujet, le ministre des mines et de l’énergie à évoqué l’attente d’une conclusion de contrat.

La cérémonie de l’inauguration de cette infrastructure s’est faite en présence du premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo, de plusieurs ministres togolais, ainsi que de diplomates dont l’ambassadeur de France Dominique Renaux et le chef de la délégation de l’Union européenne Patrick Spirlet. Des ministres de l’énergie de certains pays de la sous-région dont ceux du Bénin et du Nigeria étaient également présents. Et pour cause, ce projet est l’un des plus importants de l’Afrique de l’Ouest depuis les vingt dernières années.