Togo : les femmes toujours mobilisées

Une seconde marche rouge des femmes du Collectif Sauvons le Togo (CST) est prévue ce jeudi à Lomé. L’annonce de cette nouvelle marche de protestation a été rendue publique hier au cours d’une conférence de presse animée au siège du Collectif des associations en lutte contre l’impunité au Togo (CACIT) dans la capitale togolaise.

(De notre correspondant)

Ce jeudi 20 décembre, les femmes du Collectif Sauvons le Togo (CST) partiront de la colombe de la paix pour arriver à la plage de l’hôtel de la paix. Les Femmes du CST entendent dénoncer pour cette deuxième marche les dérives permanentes du régime du président Faure Gnassingbé préjudiciables, selon elles, aux intérêts des populations togolaises en général et qui ont conduit à entendre l’association à l’impasse politique. Elles exigent la mise en place d’un accord politique sur les reformes constitutionnelles et institutionnelles ainsi que le règlement de la question du mandat des députés élus en 2007. Voila en substance les motifs de cette manifestation à laquelle sont conviées les femmes habillées tout en rouge. Pour l’itinéraire, il faudra compter avec la colombe de la paix, le carrefour Dekon, le boulevard circulaire avant de prendre le chemin de la plage de l’hôtel de la paix.

La première marche des femmes habillées en rouge a été d’un succès sans faille quand à la mobilisation parce que c’était une manifestation des femmes du CST et de la Coalition Arc en Ciel. « La marche de jeudi, sera un deuxième avertissement que nous donnerons à nos autorités. Le 20 septembre dernier, nous leur avons donné un premier avertissement sur les problèmes récurrents (…) », a averti Me Isabelle Améganvi (deuxième vice-présidente de l’ANC, parti membre du CST). « Nous nous rendons compte que trois mois après le premier avertissement, les autorités font fi de toutes nos revendications, ce qui fait que sur le territoire national, les problèmes vont en s’aggravant et les femmes n’arrivent plus à s’en sortir », a souligné la deuxième vice-présidente de l’ANC.

Cette marche vise à dénoncer notamment « la mauvaise gouvernance, la vie chère et le chômage qui aggravent la précarité de la situation de la femme togolaise, l’instrumentalisation des associations féminines dont les responsables s’emploient à soutenir les dérives du régime en sacrifiant les intérêts des femmes, le non respect des droits de l’Homme, particulièrement les droits de la femme et la confiscation par l’ANR (Agence Nationale de Renseignement) des fonds (plus d’un milliard de F.CFA) des femmes du marché », a précisé Me Isabelle Améganvi.

A rappeler aussi que vendredi dernier Jean Pierre Fabre, le président de l’ANC (parti membre de la coalition ARC-EN-CIEL regroupant les partis de l’opposition togolaise) a fait le tour de certains marchés de Lomé pour convaincre les femmes à être du rendez-vous de ce jeudi.