Togo : les étudiants en pharmacie face au Covid-19

Les étudiants togolais en pharmacie de l’Université de Lomé ne restent pas inactifs face à la pandémie du Coronavirus qui frappe leur pays. Pour contrer la rupture de stocks des solutions hydroalcooliques sur le marché, ils se sont lancés dans la production à moindre coût.

La pandémie du coronavirus qui sévit en ce moment dans le monde a entraîné la flambée des prix des gels hydroalcooliques et autres désinfectants dans certains pays. C’est notamment le cas au Togo où une rupture des stocks a été constatée dans les jours consécutifs à l’annonce du premier cas. Pour permettre la baisse des prix, des étudiants en pharmacie de l’Université de Lomé ont fait preuve d’ingéniosité avec les moyens de bord. C’est ce qu’a expliqué Elom Akpalo, président de l’Association des étudiants en pharmacie du Togo.

Une initiative concrète mais difficile

Il faut savoir que ces futurs pharmaciens mettent un point d’honneur à respecter les différentes recommandations faites par l’Organisation Mondiale de la Santé. Au moins 3 000 litres de solution hydroalcoolique ont déjà été produits depuis mi-mars. Les hôpitaux et pharmacies sont, logiquement, les premiers clients de ces étudiants. Viennent ensuite les particuliers désireux de se protéger contre ce redoutable virus. La jeune entreprise doit toutefois surmonter un écueil de taille. Du fait de la fermeture des frontières avec le Ghana, les bouteilles de 470 ml ou d’un litre servant au conditionnement du produit sont désormais introuvables. Pas de quoi paralyser le processus pour autant puisque l’équipe exige désormais des particuliers, qu’ils se présentent munis de récipients.

Une solution adaptée au contexte africain

Malgré ce léger problème, le produit a été bien accueilli sur le marché. Comme le confie Elom Akpalo : « Les gens se ruent littéralement sur nos solutions. Nous recevons des appels sans cesse, jour et nuit ». Les autorités du ministère en charge de la Santé au Togo ont promis d’apporter une aide financière à l’initiative de ces étudiants. Pour l’instant, seule l’université de Lomé les accompagne financièrement.

L’impact de cette initiative est toutefois déjà mesurable puisqu’elle vient pallier au manque de ces solutions, si précieuses dans la prévention du Coronavirus. En outre, au Togo, le litre de gel hydroalcoolique oscille habituellement entre 5 000 et 6 000FCFA. L’alternative des étudiants ne coûte que 3 000FCFA. Dans le contexte africain où la pitance quotidienne n’est pas toujours garantie, cela constitue une économie conséquente.

Au Bénin voisin, une hausse des prix qui frôle l’indécence est en cours actuellement puisque certaines pharmacies  vendent, les 85 ml à 2 000FCFA. Les supermarchés, pour leur part, vendent les 70 ml à 1 700FCFA minimum. Mais comme au Togo, des initiatives sont en cours à IRGIB AFRICA et à l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC). Gageons que tout ceci viendra discipliner tous les commerçants qui font du Coronavirus un véritable fond de commerce.