Togo : le Coronavirus met à mal la microfinance

La pandémie du Coronavirus n’est pas sans conséquences sur l’économie des pays à l’échelle planétaire. Au Togo, les institutions de microfinance en appellent à l’aide de l’Etat.

Cet appel à l’aide a été émis par l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD), au cours d’une séance de travail, mercredi dernier, avec Sani Yaya, ministre togolais de l’Economie et des Finances. Ladite association regroupe toutes les microfinances du Togo. Ces différentes institutions souhaitent bénéficier de la mise en place d’une ligne de crédit ou d’emprunt pour une durée minimale de deux ans. En ce qui concerne le taux d’intérêt annuel, l’association a préconisé qu’il soit inférieur à 3,5%. Cet appui sera suffisant pour renforcer leurs différentes trésorières et permettre la relance des activités de crédit.

Les effets de la crise mesurables en chiffres

Selon Komi Bassina,  président de l’APSFD, les services de finance décentralisés avaient pu mobiliser quelques 192 milliards de FCFA à la date du 31 mars 2020. Si la somme reste importante, elle a tout de même diminué d’environ 9% comparativement aux 210 milliards du 31 décembre 2019. Au vu de cette contre-performance, le président de l’APSFD a fait savoir que la crise sanitaire a bel et bien des effets négatifs sur la trésorerie des microfinances. A terme, la probabilité que l’économie nationale et les efforts déployés par les microfinances en pâtissent est très élevée.

Il est à noter que le Togo n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à être dans la tourmente à cause du Coronavirus. Le géant nigérian nage également en eaux troubles et a même bénéficié, le 28 avril dernier, d’un prêt de 3,4 milliards de dollars de la part du FMI pour affronter les conséquences économiques et sociales de la pandémie.

Il urge donc que l’Etat togolais se penche sur la problématique soulignée par les institutions de microfinance et trouve une approche qui soit profitable à tous.